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mardi, mars 29 2011

Fukushima au Blayais

Juste pour se donner une idée : le même accident au Blayais qu'à Fukushima et c'est la contamination d'un territoire dont les frontières sont définies par Biscarosse/Marmande/Périgueux/La Rochelle, soit 6% du territoire métropolitain pollué pour des dizaines d'années et incapable de produire nourriture et logement aux autochtones.

Fukushima au Blayais ?!

«Il n'est pas du tout étonnant qu'on trouve des contaminations bien au delà d'un rayon de 100 km», précise André-Claude Lacoste, président de l'Autorité de sûreté nucléaire (ASN) française, selon qui la contamination va s'étendre sur «des zones considérables». Il ajoute que «la gestion des territoires contaminés va prendre des années sinon des décennies». 

vendredi, juillet 31 2009

Y'a pas mieux que les sytèmes passifs !

Je le dis depuis mes premiers billets ici : je crois beaucoup aux systèmes passifs (systèmes rendant des services sans ou en utilisant très peu d'énergies) !

Bien sûr, il n'y a pas besoin de beaucoup de jugeote pour deviner que les systèmes qui donnent le plus en prenant peu sont forcément bons !

Pourtant, ce n'est pas l'orientation que prend le domaine du bâtiment basse consommation en France. Scientistes à souhait, nombre de concepteurs français font de la pompe à chaleur et de la ventilation double-flux les références pour consommer peu.

Pourtant, l'importance des utilisateurs commence à être connue : on ne fait pas de basse énergie sans la complète adhésion et participation (fut-elle "apprenante") des occupants !

L'expérience de Bedzed en Angleterre a, à ce titre, apporté quelques enseignements : suivant l'implication des occupants, les factures varient de 1 à 6 ! Non négligeable...

Pire encore, la Suisse constate que des bâtiments pourtant labellisés Minergie consomment plus de trois fois plus que ce qui avait été calculé avant la construction !

Pourquoi ?

Et bien encore et toujours principalement à cause des occupants. Je suis sûr que vous vous demandez comment un simple occupant peut faire chuter la performance d'un bâtiment conçu si intelligemment par une escouade d'architectes et d'ingénieurs.

J'aurais tendance à vous dire : de la même façon que chaque terrien fait exploser chaque année notre record de consommation d'énergie, en dévoyant les systèmes pour plus de confort, de luxe même.

Ainsi, dans ces bâtiments Minergie conçus optimalement mais présentant des surconsommations, on a constaté que les logements sont chauffés bien plus fortement que la température de référence utilisée pour les calculs : 22.5°C au lieu de 20°C.

En France aussi, les premiers retours montrent que parmi les heureux possesseurs d'une maison basse-énergie, un certain nombre se félicite de pouvoir chauffer plus en payant le même prix qu'avant leur "conversion énergético-environnementale" :

Avant, on payait mille euros par an pour le chauffage. Maintenant, on paye toujours mille euros mais on chauffe à 23°C au lieu de 19°C ! Quel confort !

Autant dire qu'aucun concepteur n'avait vu le coup venir :(

Même si EDF ne vous le dit pas, je vous le dis : 1°C de plus dans ce bâtiment, c'est 16% de majoration des consommations de chauffage.


EDF_LeBebe Qui Parle
envoyé par Olivedeluynes. -

D'autres pratiques néfastes ont été constatées, comme fermer les volets le jour (hé mes calories solaires gratuites !) ou ouvrir les fenêtres en pleine saison de chauffe.

L'impact des occupants dans ce bâtiment basse-énergie augmente la facture d'environ 150%.

Enfin, il y a une autre source de surconsommation : l'écart de performance thermique du bâtiment entre le calcul initial et la réalité du terrain.

écart des consommations de chauffage entre prévisions et mesures

Bien sûr, c'est nullement étonnant parce que les études thermiques n'ont pas la prétention de prévoir les consommations futures telles l'oracle de Delphes (pour rester en Grèce, elles sont plus à rapprocher d'Hermès, guide des voyageurs), mais il est intéressant à noter comment la phase chantier peut bouger les lignes.

En effet, d'où vient l'écart sur la performance de l'enveloppe ?

Il vient de la sous-estimation des ponts thermiques (40% de la surconsommation) ! La pose des fenêtres n'a pas pu se faire avec les faibles niveaux de ponts thermiques attendus en phase conception.

Il vient ensuite de l'efficacité du récupérateur de la ventilation, largement surestimé (22% de la surconsommation) puis des apports internes électriques eux-aussi surestimé car le maître d'ouvrage a fait le choix a posteriori de solutions basses énergies (15% de la surconsommation).

écart de performance de l'enveloppe

Au final, le bâtiment reste plus économe en terme d'énergie primaire mais la divergence est importante et le bâtiment consomme beaucoup plus d'électricité que prévu. Il y a un basculement partiel de vecteurs énergétiques.

Basculement vers vecteur électrique

Mais alors que faire ? Quelles conclusions ?

Très simple : "Y'a pas mieux que les systèmes passifs". :)

Pour éviter que l'on bascule d'une société tout carbone à une société tout nucléaire, seuls les systèmes (et les usagers) les plus sobres sont à même de nous aider à réussir le défi.

Privilégier les systèmes simples et robustes, faire participer de façon active et apprenante les usagers des bâtiments est, à mon sens, la meilleure voie durable pour des bâtiments réellement basse-énergie.

source : LaRevueDurable, d'après la thèse de M. Zgraggen

samedi, mars 14 2009

Pour des villes petites et denses

Un précédent billet m'a tout doucement amené aux avantages des villes petites et denses.

Une ville compacte et de taille humaine est en effet moins dévoreuse d'énergie, de ressources matérielles, énergétiques et humaines.

La petite (moyenne ?!) ville dense pourrait nous permettre d'être plus apte à nous adapter à ces temps de crises énergétiques, environnementales et économiques :

  • en permettant aux flux et réseaux de se maintenir le plus longtemps possible en cas de tempête, canicule, période glaciale,... tous ces phénomènes qui risquent de s'avérer plus fréquents avec le réchauffement climatique,
  • en minimisant les pertes de distribution de tous les flux (eau, gaz, électricité, etc.) et donc en minimisant notre impact environnemental et le montant de nos factures. 
  • en évitant de devoir disposer de réseaux dimensionnés pour 85 000 habitants quand on n'en dispose que de 30 000 (sic !),
  • en diminuant les déplacements et les pollutions associées,
  • en ouvrant la voie à de nouvelles technologies (réseau de chaleur, fibre optique, etc.) ou en augmentant les capacités des réseaux (plus de bande passante pour Internet, plus de qualité sur tous les réseaux,...)
  • etc.

Sur le seul point des déplacements, la relation entre densité urbaine et coûts de la mobilité sur la communauté plaide largement en faveur de la ville dense :

Villes Densité
(hab/ha)
% marche + cyclisme + transports en commun Coût du trajet
(% PIB)
Énergie
(MJ/hab)
Houston 9 5% 14,1% 86000
Sydney 19 25% 11,0% 30000
Londres 59 51% 7,7% 14500
Paris 48 56% 6,7% 15500
Munich 56 60% 5,8% 17500
Tokyo 86 68% 5,0% 11500
Hong-Kong 320 82% 5,0% 6500

densité et coûts

Bien évidemment, faute de statistiques pour des villes de taille plus modeste, les chiffres ici ont une valeur d'exemple et s'appliquent sans nul doute à des zones plus caractéristiques des villes moyennes européennes.

Le souci en France ne se situe pas tant au niveau de la faible densité de l'urbnisation mais plutôt au fait que cette densité tend à diminuer, à se diluer. Les constructions nouvelles provoquent toutes un effondrement de la densité en s'installant dans d'anciennes zones rurales devenues rurbaines. Le phénomène qui est à craindre dans nos régions est la poursuite du mitage urbain !

Regardez comme en  moins de 20 ans, Paris est venu manger ses campagnes :

Le phénomène est insidieux et l'on ne voit guère la pieuvre s'étendre. Quand l'animation se rembobine,  vous comme moi, avez dû être choqué de n'avoir rien vu venir.

Quand sur un lac, une colonie de nénuphars double son étendue en 24h alors il ne faudra pas plus d'un jour pour passer de la moitié du plan d'eau à sa totalité !

Nous voilà donc d'accord pour dire que le phénomène est grave d'autant plus que le coût sur notre PIB est important. Et en ces temps de recul du PIB, qui osera dire que 5 à 10 % du PIB ce n'est rien ?!

Parlons maintenant solutions. Loin de moi toute prétention d'apporter une réponse universelle aux problèmes de l'urbanisation galopante et du mitage urbain qui en découle, je souhaiterais simplement vous exposer quelques pistes qui ailleurs font la preuve d'un minimum d'efficacité.


ville dense
à suivre...

vendredi, septembre 19 2008

El sangre del diablo

Nous vivons une époque formidable dans un pays formidable ! Non, non, je ne suis pas ironique, je le pense vraiment !

J'espère donc que tous ces cliquetis que fait la bourse en chutant, ce n'est pas le bruit du bonheur qui s'échappe... car comme le dit Renaud, "on reconnait le bonheur paraît-il au bruit qu'il fait quand il s'en va".

Pourquoi témoigné-je autant d'affection pour notre temps, mais aussi notre pays ?

Oh mais pour des raisons bien simple !

  • Parce que nous vivons vieux et que nous croisons même nos arrière petits enfants.
  • Parce que, grâce à la médecine encore, les femmes ne meurent plus en couche et la mortalité enfantine est un chiffre si petit que nous n'en parle même plus.
  • Parce que nous prenons le luxe de nous inquiéter de la température de nos locaux en été et de la pertinence de les climatiser.
  • Parce qu'en hiver, on se demande si 21°C ce n'est pas trop froid.
  • Parce que, quand on a faim, on mange.
  • Parce que quand on a soif, on boit, non pas de l'eau mais tout un tas de boissons différentes.
  • Parce que nous n'avons plus aucune notion du temps de parcours à pied qui sépare deux lieux éloignés de plusieurs kilomètres.
  • Parce que nous comptons les distances en heures de voiture...
  • Parce qu'on s'étonne encore que les Français ne partent pas tous en vacances.
  • Parce qu'on s'indigne de la montée des prix de l'essence...

STOP !

Tout est lié. Prenez le temps de remonter la liste et de vous rendre compte comme tout est lié, comme notre confort est lié au pétrole, comme notre santé l'est aussi, comme notre mobilité bien sûr aussi.

Si nous vivons une époque si formidable, c'est parce que le pétrole est encore abondant et peu cher, même à plus de 100$ le baril !

Oh le pétrole, je vous en ai parlé bien souvent sur ce blog.

Si aujourd'hui, je vous en reparle, c'est parce que je crois que vous êtes de plus en plus nombreux à avoir prix conscience de la déplétion des énergies fossiles et du risque majeur de voir la fin d'une période bénie.

À nouveau, permettez-moi de vous dire qu'il ne s'agit pas d'un risque mais d'une fatalité (à ne pas confondre avec fatalisme !).

El sangre del diablo se fait rare et cher. ce n'est que le début et bien sûr, malgré les avertissements de plus de 30 ans, nous ne sommes pas prêts.

Si je n'ai pas su vous convaincre jusqu'à présent, peut-être que, mieux que moi, ce documentaire, saura le faire.

"Cruel sera le réveil" est un très bon film, fait d'interviews d'experts reconnus (comme Colin Campbell) et d'extraits d'archives.

© Getty Images

On y évoque tous les aspects (à l'exception du réchauffement climatique) de la problématique énergétique.

  • Comment les économistes ont foi en la science et en la technologie.
  • Comment les scientifiques leur répondent que la problématique est autre.
  • Comment on exploite les derniers filons les plus polluants (sables bitumeux d'Alaska)
  • Comment le 4x4 est devenu symbole de richesse (tiens, au fait, leurs ventes s'effondrent en France).
  • Comment la ville va devoir s'adapter à la désertion des voitures.
  • À quel point les alternatives sont faibles face à la demande actuelle (de la nécessité des économies d'énergies si vous me permettez).
  • Combien Hubbert, dont on s'est beaucoup moqué, était un visionnaire.

Alors que faire ?

Comme l'explique si bien un des intervenants, pour agir, il nous faut plusieurs choses :

  1. de l'argent. Mais là pas de problème, nous avons déjà pris l'habitude de reporter notre dette sur nos enfants.
  2. du temps... aïe !
  3. de l'énergie... aïe aïe !

Il ya urgence à agir, peu de solutions si ce ne sont les économies d'énergie alors qu'est-ce qu'on attend, que font nos dirigeants ?

Il n'y a pas de réaction à attendre de nos politiques, tous simplement parce que nous les élisons sur... des promesses de jours meilleurs.

vendredi, juillet 11 2008

Comment faire des économies d'énergies chez soi ?

La top-réponse était "en éteignant les veilles de ses appareils" !

Hé ben, avec un niveau de connaissance aussi élevé des économies d'énergies, on a encore du taf, nous !

vendredi, avril 4 2008

Les Coteaux ... çà avance

Très heureux de participer à la naissance d'une basse-énergie façon Aquitaine :)
Cliquez sur les articles ci-dessous qui vous intéressent.

Contact : http://enerco.free.fr

mercredi, janvier 9 2008

Un puits canadien dans un collège autrichien


Meilleurs voeux 2008 !

Nous voilà en 2008 et je nous vous ai pas encore souhaité mes meilleurs vœux ! Et bien, nous y voilà, je vous souhaite une bonne année 2008 !

Souhaitons ensemble que cette année soit aussi durable et efficace en énergie que possible.
Espérons que cette nouvelle année sonne le glas aux beaux discours et nous amène dans l'action.

Faisons le vœu comme Jean-Marc Jancovici que cesse la pauvreté de réflexion qui nous laisse encore penser que les biens et services de l'environnement sont des emprunts à taux zéro !


jancoviciMitage des territoires : Le point de vue de l’expert
« Urgent de se désintoxiquer de la voiture »
publié sur Sud-Ouest Blogs

Jean-Marc Jancovici est l’inventeur du bilan carbone, et l’auteur avec Alain Grandjean d’un livre sur la dépendance énergétique, « Le plein s’il vous plaît » (Seuil), qui plaide pour une taxe carbone.
Pour cet expert climatique indépendant, il y a urgence à se désintoxiquer de la voiture, faute de payer très cher la facture : « Si le développement urbain a pris cette tournure, c’est parce que l’énergie vaut de moins en moins cher ! Alors qu’autrefois seul le roi pouvait se permettre d’entretenir 50 chevaux pour ses déplacements, nous les avons maintenant sous le capot pour 15 % de notre revenu. En réalité, notre pouvoir d’achat a considérablement augmenté, parce que ce sont les machines qui travaillent pour nous. De plus, nos activités économiques puisent dans le substrat naturel, mais ce dernier ne figure dans aucune comptabilité d’entreprise. On considère que la nature, c’est gratuit : aucune trace de la photosynthèse dans les comptes de Danone ! Et l’atmosphère ne se fait pas payer pour accepter nos émissions de CO2? »
« L’un des effets boomerang sera le dérèglement climatique. C’est encore parce que l’énergie ne vaut rien que l’on peut aller s’installer sur le littoral, construire sa maison, et s’y rendre régulièrement. Malheureusement, l’ère du pétrole quasi gratuit va s’arrêter d’ici cinq à quinze ans. Ceux qui seront alors dépendants de l’énergie vont payer très cher ce mode de vie, non par volonté politique mais à cause de la physique.
L’idée de la taxe carbone - qu’il faudrait appeler « assurance carbone » - est de permettre une désintoxication progressive, un changement des comportements avant qu’il ne soit trop tard. Un choc pétrolier massif - difficile à éviter tant que nous sommes fortement dépendants - entraînerait une déstabilisation socio-économique massive. Beaucoup devront alors quitter leur travail trop éloigné, ou bien déménager, et les finances publiques ne permettront pas de les aider. Il faut donc relocaliser l’économie, faire des villes denses mais petites et nombreuses, et l’espace (la campagne) signifiera une économie plus autarcique. Le monde politique, de l’élu local à l’Élysée, reste très peu conscient de la rapidité de l’échéance.
Ceux qui décident de la réalisation de l’autoroute Langon-Pau se font des illusions sur ce qui va se passer.
Non seulement ce type de projet jette l’argent par les fenêtres, mais il nous entraîne vers de grandes déceptions ! La pauvreté de la réflexion prospective sur le sujet est dramatique. »

Jean-Marc Jancovici sera présent le 10 janvier à 20 h 30, à l’Athénée municipal de Bordeaux pour une conférence !

dimanche, décembre 30 2007

Construire en monomur


erreurs monomur
Il semble qu'en France la brique Monomur connaisse un certain succès !
 
Malheureusement, ce type de matériau ne se manipule pas du tout comme les blocs béton si chers à nos contructeurs français.
De nombreuses malfaçons sont possibles et sont à même de causer une baisse drastique des performances. C'est d'autant plus embêtant que l'on construit en monomur justement pour obtenir des performances énergétiques, si ce n'est fortes, en tout cas de bonnes qualité.
Voici donc ici les malfaçons les plus courantes. Elles sont finalement de deux ordres : la mauvaise connaissance de la monomur et l'utilisation du béton comme d'un emplâtre universel.

Dans la rubrique méconnaissance du produit, on retrouve les problèmes de minceurs de joints, d'absence de fentes, d'utilisation correcte des accessoires ... etc. Même si la brique monomur est une brique, elle ne doit surtout pas être manipulée par les maçons comme les briques ordinaires qu'ils utilisaient jusqu'alors. Il faut notamment éviter les découpes sauvages et, c'est le deuxième type d'erreurs, l'utilisation à-tout-va du bétôn pour réparer ici un problème de rattrapage de fentes, là pour boucher un trou plus gros, etc. Ce type d'erreur-là est vraiment et malheureusement très classique :(

La brique monomur n'est pas la meilleure façon de construire, il n'y a pas un matériau qui puisse revendiquer ce titre. Tout est une question de compromis, d'adaptation aux besoins et à la situation.

La monomur n'est pas la solution la plus isolante ni, sans doute, la plus écologique mais c'est une méthode de construction qui peut très bien s'adapter à certaines situations. Les malfaçons possibles sont nombreuses et les concurrents ne manquent pas de le faire savoir à qui veut l'entendre, alors si vous décidez de construire en monomur, faites-vous accompagner sur votre projet par des professionnels de qualité.

Il ne s'agit nullement de jeter le haro sur la brique monomur, comme le font ses concurrents, il s'agit d'une solution constructive qui peut être très efficace et très confortable mais attention aux travaux !

ps : vous possédez des photos d'exemples de malfaçon sur des techniques de construction diverses (béton cellulaire, monomur, etc.), envoyez-moi vos photos ! Les plus belles seront publiées ici ;)

vendredi, septembre 21 2007

« Le Grenelle de l’environnement peut aller très loin ! »

Politis,

Claude Marie Vadrot

jeudi 20 septembre 2007

 

Ingénieure du génie rural, des eaux et des forêts, Nathalie Kosciusko-Morizet a une réputation d’écologiste sincère et compétente. Secrétaire d’État à l’Écologie dans un gouvernement libéral, pourra-t-elle se faire entendre ?


Vous avez la réputation de bien connaître les dossiers sur la nature et l’environnement. C’est une passion personnelle, un choix raisonné, un choix politique ?

Nathalie Kosciusko-Morizet  : C’est un choix que j’ai fait avant d’entrer en politique, il y a dix ans, quand j’étais encore étudiante. Il s’agit donc d’un choix personnel. Après les sciences dures, j’ai voulu m’initier à la biologie, à l’écologie, au fonctionnement des écosystèmes. Ce qui m’a permis de comprendre que l’écologie était le grand enjeu du XXIe siècle et qu’il était temps de modifier, de réinterpréter des politiques publiques dont beaucoup sont à bout de souffle.

Est-ce que votre intérêt pour la démarche écologique, votre engagement ne sont pas en contradiction avec le système économique auquel vous êtes identifiée ?

Le gouvernement dont je fais partie croit à l’économie de marché mais aussi à ses régulations. Les économies très administrées sont catastrophiques pour l’environnement, ne serait-ce que parce que, dans ces situations, les gens ne se sentent pas partie prenante ; et alors les politiques environnementales ne marchent pas bien. Donc, nous sommes dans un libéralisme régulé, pas dans l’ultralibéralisme, ce qui nous offre des possibilités d’action. N’oubliez pas que ce sont les libéraux qui ont inventé les régulations.

Que voudriez-vous réussir avant que les aléas de la politique ne vous amènent à quitter votre poste ?

Au moins deux choses. D’abord, sur le plan international, réussir à ce que la France reprenne le leadership dans les négociations sur le climat. Il y a urgence. Sur le plan intérieur, je ne crois pas à la décroissance, mais je veux convaincre qu’il nous faut passer à une économie qui soit créatrice d’emplois et renonce au gâchis actuellement organisé par notre société. Je voudrais que chacun comprenne que l’on crée des désordres en mettant en avant la consommation et la destruction. On peut y arriver sans décroissance, en se focalisant sur la qualité. Il existe une demande émergente en ce sens, et je veux y répondre.

Les rares bons ministres de l’Environnement, sur les 29 qui se sont succédé depuis 1971, ont tous payé leurs convictions de leur carrière politique, cela ne vous inquiète pas ?

Oui, des gens m’ont dit cela au ministère. Je ne sais pas répondre à cette question. Mais j’ai la conviction qu’il est possible de faire une carrière politique en allant au bout de soi-même. Nous sommes tellement surexposés, médiatiquement, que, si le public perçoit une dissonance entre l’image et la réalité, cela ne marche pas. Les gens veulent que les politiques soient vrais, qu’ils évitent le mensonge ; alors si on pense réussir en ressemblant aux autres, cela ne fonctionne pas, ce n’est pas moral. On m’a dit aussi qu’un politique qui se marque trop se perd. Mais j’évite de me poser la question que vous évoquez.

En matière d’écologie, la droite et la gauche ne se cantonnent-elles pas dans l’incantation ?

D’une façon générale, dans ce domaine, les élus ont un temps de retard, je l’ai constaté en bataillant durement pour faire adopter la Charte de l’environnement voulue par Jacques Chirac. Vous savez, ce n’était pas gagné d’avance ; au début, il n’y avait pas de majorité pour ce texte. Le déficit écologique reste important dans le monde politique. Le manque de culture scientifique y est manifeste. Et les élus locaux voient dans le monde associatif des empêcheurs de tourner en rond. Mais je compte beaucoup sur les femmes, sur les mères de famille pour amener les élus à changer. Car il y a dans la maternité un souci de l’autre, de la santé, de l’alimentation saine qui pèsera de plus en plus : les femmes ont toujours été nombreuses dans les associations environnementalistes.

À quoi la Charte de l’environnement a-t-elle servi ?

D’abord, j’ai vu des élus basculer au cours de la discussion ; ils se sont rendu compte qu’il existait une demande de l’opinion. N’avoir rien dans la Constitution sur ce nouveau droit de l’homme était un manque, l’y ajouter est un symbole. Cette charte n’a pas encore donné tout son potentiel, elle n’a pas été utilisée par des élus pour contester une loi. Mais ­c’est très important­ des associations ont déjà utilisé avec succès l’article 5, qui porte sur le principe de précaution, devant des tribunaux administratifs pour contester une décision.

Le « Grenelle de l’environnement » est dans tous les esprits : est-il bien raisonnable de réunir tant de monde ? La recherche de consensus ne risque-t-elle pas d’être contre-productive ?

Le « Grenelle » est d’abord une méthode, une recherche de partenariat pour voir sur quoi tous les acteurs sont prêts à faire un effort. J’ai senti qu’il existait un besoin de mobiliser tout le monde et un désir de beaucoup de Français de se bouger. J’ai donc l’impression que, d’ici à la fin du mois d’octobre, il peut se passer quelque chose, des accords surprenants. Je crois qu’il sera possible d’aller très loin : les thèmes abordés touchent tout le monde. Ce Grenelle est l’illustration d’une biodiversité. Et nous recevons, avec Jean-Louis Borloo, des lettres d’insultes de ceux qui ne participent pas. C’est bon signe ! Cela ne les empêche pas de nous envoyer ensuite leurs suggestions.

Abordons maintenant les questions qui fâchent. Le nucléaire ?

Le Président a été très clair, on ne revient pas sur les décisions prises... Mais pourquoi ne pas se donner comme objectif de devenir leader des énergies renouvelables, de la même façon que nous sommes déjà leader sur le nucléaire ?

Et les OGM ?

La situation actuelle est d’autant moins satisfaisante que les décrets ont écarté le débat et ne transposent pas intégralement la Directive européenne. L’État est pris en défaut, notamment en défaut de transparence. Il faudra une loi, ne serait-ce que pour établir les responsabilités juridiques. Il faudra aussi une refonte des organismes consultatifs, qui sont à bout de souffle. Nous pouvons aussi proposer des modifications aux autres pays européens, et profiter pour cela de ce que la France présidera l’Union européenne au deuxième semestre 2008.

Un moratoire ?

C’est en débat dans le Grenelle. Mais, attention, le mot cache, selon les interlocuteurs, des revendications différentes. Moratoire sur tous les OGM, y compris la recherche, y compris les OGM pharmaceutiques ? Moratoire sur les OGM alimentaires ? Moratoire sur les cultures en plein champ ? Moratoire sur les nouvelles cultures commerciales ? Moratoire sur les OGM-pesticides ? Moratoire sur un OGM en particulier ? À ce stade, les discussions courent, et il n’est pas encore temps de les trancher...

Le réchauffement climatique ?

Je ne suis pas d’un optimisme radieux. Je vais bientôt à Washington représenter la France dans une table ronde lancée par les Américains sur le sujet. Je veux convaincre qu’il faut que chacun oublie ses égoïsmes ou ses intérêts immédiats pour agir efficacement. La situation actuelle ne peut pas durer. Le président de la République rappelait dans son discours aux ambassadeurs qu’un grand pays comme les États-Unis devait aussi être exemplaire pour l’environnement.

Terminons par une initiative qui paraît faire l’unanimité : l’opération Vélib’.

C’est un succès mérité, j’aime bien, j’ai essayé en empruntant la carte d’abonnement de ma directrice de cabinet. Il faudrait simplement que Paris ne joue pas trop perso et ne se replie pas sur lui-même, et pense, en matière de transport, aux villes de la périphérie parisienne.


jeudi, juillet 12 2007

Das Passivhaus

Depuis quelques mois que je suis à mon compte, je ne cesse d'entendre parler de la maison passive allemande. Je crois, personnellement, qu'il faut plutôt inventer une maison basse énergie à la française capable de s'adapter à nos climats et à nos environnements mais il ne faudra pas réinventer la roue !

Les allemands sont passés maîtres de ces maisons qui ne consomment rien. Vous ne savez pas ce que c'est ? Regardez donc ce documentaire réalisé par des élèves d'un collège alsacien :

lundi, mars 12 2007

Je vous donne rendez-vous ...

Si vous n'êtes pas très loin de Bayonne et êtes intéressé par la problématique énergético-environnementale actuelle, je vous invite mardi 20 mars au CPIE Seignanx-Adour pour assister à une conférence gratuite : "Énergie : pourquoi et comment agir ?".

Le trésorier de l'association Perseüs et moi-même animerons cette conférence dont l'objectif est d'expliquer au grand public pourquoi il doit s'impliquer dans cette problématique et quels sont ses moyens d'agir ! Après avoir présenté le contexte actuel, nous nous intéresserons en particulier à l'énergie dans l'habitat.

Pour vous y rendre, suivez le guide : http://maps.google.fr/maps?f=q&hl=fr&q=arremont+saint+martin+de+seign...

Enfin, pour les adhérents de Perseüs, n'oubliez pas que nous sommes tous invités, vendredi 23 à Jurançon, à nous réunir pour une soirée "auberge espagnole". Je profiterai de l'évènement pour présenter à nouveau le puits canadien. Si vous n'êtes pas encore adhérents mais que vous voudriez bien l'être et participer à cette soirée, contactez-moi ;)

lundi, février 12 2007

Et si la planete se rechauffait de 4 °C en un siecle ? Alerte mondiale

Dans Le Nouvel Observateur n°2204, le dossier de la semaine fait écho au rapport du GIEC pour nous expliquer l'urgence d'agir face au réchauffement climatique. Je vais me permettre de reprendre et de commenter ici quelques extraits de ce dossier, fort bien écrit, il faut l'avouer.

Les scientifiques confirment leurs prévisions, les consciences se mobilisent, les peuples s'inquiètent et les dirigeants se convertissent... Le réchauffement climatique a commencé. La Terre est en danger. Notre seule chance ? Une révolution dans les esprits et une vraie politique mondiale de l'environnement.

En France comme dans le monde, aucun doute, les consciences s'interrogent, mais les conversions des dirigeants sont longues et difficiles. Pour quelles raisons, pourquoi sont-ils si lents à intervenir alors qu'ils sont les premiers informésvue d'artiste de la terre de la situation mondiale, entourés qu'ils sont de conseillers de toute sorte ? Rappelons que c'est en 1995 que, pour la première fois, le GIEC annonça avec une quasi certitude que le climat se réchauffait. Douze ans plus tard, nous sommes bien loin d'avoir infléchi la courbe ! Cette lenteur a plusieurs explications mais il y en a une en particulier que les citoyens occultent : nous ne sommes pas prêts, nous ne l'étions pas jusqu'alors ! Les consciences s'interrogent mais celles qui se mobilisent sont une minorité. Les choses changent très vite, de nouveaux acteurs se découvrent une passion pour la lutte contre le réchauffement climatique... Malheureusement, tous ne sont ni honnêtes ni convaincus. Quoiqu'il en soit, il est certain que la solution ne viendra pas de simples mesurettes mais d'une révolution des mentalités et des méthodes ! 

L'histoire bégaie avec ironie, et nous sommes amnésiques tout ce que les années Chirac nous ont appris, nous le savions déja sous Mitterrand. Que la planète se dérobait sous nos pieds, que nous empoisonnions notre atmosphère et obérions notre futur... Le discours de Chirac a Johannesburg, en 2002 («Notre maison brûle et nous regardons ailleurs»), n'était qu'une redite de l'avertissement lance par Mitterrand au Sommet de la Terre de Rio, dix ans plus tôt ! 

sequoia géantNe comptez pas sur moi pour illustrer le bégaiement de l'Histoire à l'aide d'exemples douloureux. J'éviterai cet écueil parce qu'il n'y a nul besoin de parler de millions de morts ou de vote au suffrage universel pour vous faire comprendre que l'homme a une mauvaise mémoire. En revanche, j'aimerais, une fois n'est pas coutume, vous parler d'un des hommes qui ont influé la façon dont l'enfant que j'étais a vu naître l'adulte que je suis. Cet homme c'est Jean Dorst. Au delà de ce nom, qui semble digne d'une marque de tracteur, se cache un naturaliste de génie, un Einstein de l'écologie. Je vous invite à lire la biographie de Yvon Le Maho, vous serez étonné de combien les idées qu'il avançait étaient "modernes", de combien nous devrions relire ce qu'il a écrit il y a plus de trente ans. Son plus célèbre ouvrage "Avant que nature ne meure" (que j'ai découvert lorsque j'avais dix ans), devrait nous emmener à nous interroger sur une problématique bien moins médiatique que le réchauffement climatique : l'effondrement de la biodiversité et ses conséquences sur l'homme.

L'histoire bégaie, c'est un fait, espèrons qu'elle ne finisse pas muette, faute de thérapie.

En moins de vingt ans, l'evidence s'est imposee. Irrefutable comme un axiome scientifique venu confirmer les convictions des specialistes. «J'ai acquis la certitude de l'effet de serre des les annees 1980, se souvient Bettina Laville, un des meilleurs « ecopolitiques » francais, conseillere de Brice Lalonde, Francois Mitterrand, Lionel Jospin et Dominique Strauss-Kahn. Nous etions peu nombreux.

Il n'est pas si loin le temps ou Harroun Tazzief mettait en doute le réchauffement climatique et le trou dans la couche d'ozone. Elle n'est pas si vieille l'année où Michael Crichton a osé publié "État d'urgence" (2006), blessante remise en cause de l’existence d’un réchauffement dû à l’Homme. Il ya pourant "Urgences" si l'on ne veut pas finir dans un "Jurassic Park" :)

Mais elle a du mal a monter en puissance, a passer de l'etape de la comprehension a celle de l'action radicale.Premier obstacle : le conservatisme. [...] Deuxieme difficulte, la geopolitique et ses lois. [...] Troisieme complication : la geopolitique se matine aussi de commerce.

Le premier obstacle est une conséquence de notre attitude bushiste, nous ne sommes pas disposés à modifier nos habitudes, «Notre mode de vie n'est pas negociable» comme disait le président américain en 1992. D'où la lenteur de nos dirigeants qui n'ont jamais senti la majorité de leurs concitoyens les pousser vers plus de courage écologico-politique. Les entreprises comme les salariés ne veulent pas d'une taxe carbone, nous ne nous sommes pas résolus à moins de mobilité (cf. billet  "Prise de conscience chez "Auto-Moto" de la crise énergétique ?!") ... 

Bien évidemment, les pays développés sont les premiers coupables du réchauffement mais la croissance des pays émergents est telle que l'Occident seul ne pourra faire pencher la balance de l'autre côté du thermomètre. Mais comment faire accepter à ces pays qui découvre le "confort civilisé" qu'il faut arrêter de jouer, qu'il faut revoir à la baisse leurs consommations ? Ne jouons pas les colons missionnaires, ces pays sont tout aussi conscients que nous de la problématique actuelle mais ils n'ont guère envie d'ouvrir le bal des réductions, alors que les pays riches sont encore assis au bord de la piste. Alors faute de bal, c'est la ronde des négociations géopolitiques qui se joue, ici pour faire signer les États-Unis, là bas pour inviter la Chine à prendre en main ... la patate chaude. Il faudra, pourtant, bien admettre qu'il est sera mille fois plus efficace de montrer l'exemple que d'attendre le consensus.

Dans un monde où les marchands sont entrés dans le temple, il ne faut surtout pas ignorer la part du commerce. Si les États-Unis freinent des deux pieds, c'est parce qu'ils ne veulent céder leur place d'"Empereur du monde". Ils refusent de se risquer trop vite à ce jeu pour lequel d'autres pays ont pris de l'avance. Le Nouvel Observateur cite la Grande-Bretagne, l'Allemagne et le Japon comme prétendant au nouveau leadership mais c'est faire peu de cas des pays scandinaves ! Ils ont les cerveaux et la technologie (le père de Linux, les télécommunications avec Ericsson ou Opera Software p.ex., la fibre optique), les ressources en terme d'énergie renouvelables (dont la biomasse !), une démocratie forte et efficace mais aussi l'ambition, la détermination et le courage politique (Objectif zéro pétrole en 2020, fin du nucléaire, etc.).

«Depuis Hiroshima et la catastrophe de Tchernobyl, dit Bettina Laville, le nucleaire est devenu ideologique. C'est la faute aussi des nucleocrates qui l'ont entoure d'un secret antidemocratique.» L'ancienne conseillere de Mitterrand s'avance. Plaide pour un «maintien raisonnable de l'energie nucleaire pendant une periode transitoire de trente ans». Demande «un effort enorme de la communaute internationale en matiere de dechets».

Si, effectivement, il sera sans doute difficile se passer de l'énergie nucléaire, du moins durant une phase de transition, il ne faut surtout pas se laisser aller à cette espèce de nucléairo-naïveté bon-enfant qui émerge soudain. Ne nous laissons pas aller à un carbocentrise niais. Le réchauffement climatique n'est pas l'unique ennemi de l'homme capable de le faire disparaître de la surface de la planète ! Le nucléaire peut tout autant nous conduire à notre perte ... 

negawattQuel est ce scénario bancal qui nous laisse à penser que le nucléaire est la solution au réchauffement climatique ?

Tout d'abord, certains pensent que les risques que font encourir cette énergie (déchets, catastrophes, prolifération) doivent nous amener à la disqualifier sans plus de procès. Soyons honnête, l'argument est loin d'être abscons ! Les temps futurs ne s'annonçant pas plus sûrs, particulièrement du fait du réchauffement climatique qui ne fera pas se niveler les différences entre les peuples (ni s'éteindre le terrorisme), la prise de risque est loin d'être nulle !

Mais, même à supposer cette prise de risque gérable, le nucléaire est-il la solution ?

Tout d'abord, le nucléaire n'est pas un cycle à zéro émission de gaz à effet de serre. Répètons-le pour être sûr de nous être bien fait entendre : Oui, le nucléaire produit des gaz à effet de serre ! EDF reconnaît même ce fait, dans un note confidentielle, cela va sans dire. Je vous invite à consulter l'excellent numéro 2 de l'Écologiste pour plus de précisions (extrait disponible dans ma box).

Ensuite, gardons-nous bien de comparer ce qui est comparable, l'énergie nuclaire ne produit pas que de l'électricité, détrompez-vous. Le fonctionnement de ce système que l'on suppose de haute technologie repose sur le même principe qu'une centrale thermique classique : il s'agit de faire bouillir de l'eau pour faire tourner une turbine ! L'énergie nucléaire produit donc de l'électricité et de la chaleur comme n'importe quelle centrale thermique. Chez vous, vos besoins se répartissent pour 2/3 de chaleur et pour 1/3 d'électricité spécifique. Pour répondre à l’ensemble de ces besoins, la cogénération (production combinée d’électricité et de chaleur) à base de gaz naturel ne génère pas plus de gaz à effet de serre que l’association d’une électricité nucléaire et d’un chauffage central au fioul ! (Schneider, M., Changement climatique et énergie nucléaire, Rapport WISE-Paris pour le WWF, août 2000.)

À ces premiers arguments, il faut ajouter que la spécificité de cette énergie ne lui permet ni de se substituer à toutes les autres (le transport par ex.) ni même de fournir davantage que 50 % de la demande électrique (il fonctionne en base mais suit difficilement les variations vers les pointes de demande).

Les émissions mondiales de GES ont été multipliées par 3 depuis l’apparition, en 1957, de la production électronucléaire alors que cette énergie, représentant seulement 3 % de la consommation totale d’énergie finale, n'est capable de diminuer nos émissions que d'environ 4%. Substituer le nucléaire aux énergies fossiles, c'est diminuer de 4% nos émissions ! Pour diminuer de façon efficace nos émissions, ce n'est pas simplement quelques réacteurs supplémentaires qui seraient nécessaires mais près de 4000 nouveaux réacteurs dans le monde ! Voilà la prise de risque chiffrée ...

Ne nous laissons pas bercer par l'illusion du nucléaire sans mener une réflexion impartiale et approfondie.

Ne feignons pas d'ignorer que plus qu'un problème de nature de l'énergie, de qualité, il s'agit d'un problème de niveaux de consommation, de quantité.

scenario nagawatt

jeudi, février 1 2007

5 min de répit ... les résultats !

Alors que j'apprends que l'opération a été suivie dans d'autres pays (Belgique, Italie, Espagne par ex.), grâce à la courbe de charge de la RTE, je peux vous donner quelques résultats à peine 15 minutes après l'extinction :) :

Quelle conclusion ?

La courbe manquant de finesse, il est difficile de juger. On constate un petit décrochage mais il est bien faible, à croire que l'on a pas été si nombreux à participer à ces 5 pauvres minutes de répit pour la planète. Les amis de la Terre comme la RTE annoncent : « Cette baisse correspond à la consommation de l’éclairage et des appareils en veille d’environ 3 millions de ménages ».

Vraisemblablement, nous avons été moins nombreux que cela mais ceux qui ont participé ont sans nul doute "triché" en coupant directement le disjoncteur !

Si nous faisons les comptes, la baisse de consommation a été de 1% de la consommation totale, soit environ 800 MW, c'est-à-dire la consommation de la ville de Marseille !

ps : l'Espagne de son côté aurait fait une économie de 1000 MW ...

mardi, janvier 16 2007

Participez à la plus grande mobilisation citoyenne contre le changement climatique !

L'information m'est parvenu par un ami animateur de contrat ATEnEE.

L'idée m'a plu et je vous la soumets donc ...
L’Alliance pour la Planète (groupement national d’associations environnementales) lance 5 minutes de répit pour la planète, un appel simple à l’attention de tous les citoyens : le 1er février 2007 entre 19h55 et 20h00, éteignez veilles et lumières.
1er février 2007,
Par Cyrielle Den Hartigh
http://www.amisdelaterre.org/Participez-a-la-plus-grande.html

Il ne s’agit pas d’économiser 5 minutes d’électricité uniquement ce jour-là, mais d’attirer l’attention des citoyens, des médias et des décideurs sur le gaspillage d’énergie et l’urgence de passer à l’action ! 5 minutes de répit pour la planète : ça ne prend pas longtemps, ça ne coûte rien, et ça montrera aux candidats à la Présidentielle que le changement climatique est un sujet qui doit peser dans le débat politique.

Pourquoi le 1er février ? Ce jour là sortira, à Paris, le nouveau rapport du groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) des Nations Unies. Cet événement aura lieu en France : il ne faut pas laisser passer cette occasion de braquer les projecteurs sur l’urgence de la situation climatique mondiale.

Si nous y participons tous, cette action aura un réel poids médiatique et politique, moins de trois mois avant l’élection présidentielle !

Faites circuler au maximum cet appel autour de vous et dans tous vos réseaux ! Faites le également apparaître sur votre site Internet et dans vos news letters.

Contact :
Cyrielle den Hartigh, Les Amis de la Terre :
Tél : 01 48 51 18 95




J'attends vos commentaires : vous, que pensez-vous de cette opération ? Allez-vous participer ?

mardi, novembre 14 2006

"On air"

Je suis en tournée. Oui, oui, en tournée promotionnelle pour Perseüs. :)

J'essaie de rencontrer tous ceux qui sont prêt à faire autre chose que "blablater" à propos de la problématique énergético-environnementale actuelle. Tous ceux qui pensent qu'il n'est plus temps de communiquer mais d'agir.

En particulier les collectivités locales et leurs élus ! En effet, qui de mieux placer que les collectivités locales pour initier des opérations à grande échelle et jouer le rôle d'exemple ?!

Ce n'est pas le particulier qui en mettant en place des opérations de maîtrise de l'énergie (ou des EnR) chez lui va convaincre tous ses concitoyens. En revanche, si une collectivité joue le jeu, il y a fort à parier que l'impact sera en deux temps : baisse de l'empreinte environnementale de la collectivité + sensibilisation des administrés.

Je remercie les responsables des collectivités qui ont bien voulu m'écouter et ont même eu une oreille assez attentive à mes propos. Reste à ce que l'info remonte jusqu'aux élus ...

Toujours dans cette même idée de faire connaître la problématique ainsi que l'association Perseüs, j'ai eu l'occasion de répondre aux question de Mary Simon qui a lancé il y a à peine quelques semaines un excellent magazine "Mag éco", sur France Bleu Gascogne:

Tout le monde ne parle plus que de développement durable. Je me demande même si le mot "écologie" n'est pas, avec le mot "sécurité", le plus employé des substantifs dans nos chers journaux télévisés. Et bien moi, je le dis : je suis dispo. Avec Perseüs ou tout seul...

lundi, octobre 16 2006

Enfin !

Les politiques pourront, a cet égard, s'appuyer sur le remarquable rapport que vient de publier le groupe "Facteur 4" mis en place par le gouvernement. Laissant de côté l'apport finalement marginal du nucléaire et des éoliennes, les experts pointent les vraies priorités sur l'habitat, les transports et l'étalement urbain. Au-dela des postures écologiques de circonstance, un brin "tartuffes", il importe que ces enjeux decisifs et ces choix difficiles soient abordés courageusement lors de la campagne présidentielle qui s'ouvre.

Le rapport est disponible ici : http://www.industrie.gouv.fr/energie/facteur4.htm

Ah çà fait plaisir de voir que les experts du "Facteur 4" parlent des "vrais sujets" importants.

Et enfin de l'étalement urbain !!!

ps : je reviendrai très prochainement sur le contenu de ce rapport ...

dimanche, octobre 15 2006

Portes Ouvertes du CLER 2006

PO2006Samedi 14 octobre 2006, M. Labarrère ouvrait ses portes lors de l'opération du CLER du même nom. En tant que membre de Perseüs, j'ai eu le plaisir de l'assister dans l'accompagnement de ses hôtes.
J'espère que tous les visiteurs qui ont eu affaire à moi ont apprécié leurs visites et ont obtenu quelques réponses à leurs questions.



vendredi, octobre 6 2006

Énergie : on arrête plus Le Monde

La mode est à la chimie verte, aux biocarburants et aux énergies renouvelables.
Vous n'avez sans doute pas pu y échapper, tout au moins dans vos journaux, vos écrans de publicités, vos céréales du petit déjeuner. Tout le monde parle d'énergie même si les actes sont moins nombreux que les paroles.

Et quand je dis tout le monde, j'inclus aussi... Le Monde... qui ne cesse de publier des interviews passionnantes, soit dit en passant.

Énergie : "Les intérêts industriels poussent à consommer"
Entretien avec Thierry Salomon, président de Negawatt
Le Monde, 04/10/06

La majorité des scénarios énergétiques prévoient une augmentation importante de la consommation dans le monde. Sont-ils incontournables ?
Non seulement ils sont contournables, mais il faudra les contourner par manque d'énergie. Le niveau des découvertes de pétrole et de gaz est inférieur d'un facteur deux à trois au niveau de la consommation. Et le charbon pose un gros problème avec l'effet de serre.
 
Les grands pays du Sud doivent pourtant augmenter leur consommation.
La priorité porte sur les pays développés, à fort potentiel d'économie d'énergie, de l'ordre de la moitie voire des deux tiers de leur consommation. Pour les pays émergents, on peut espérer que, comme cela s'est fait pour le téléphone, ils passeront directement aux technologies économes. Le vrai défi est là.
 
Quelle politique mener dans les pays riches ?
D'abord agir sur la demande d'énergie. L'habitat antérieur a 1980 consomme près de trois fois plus que les logements actuels : 300 kWh par m² contre une centaine. Cela concerne 27 millions de logements. Ensuite, il faut travailler sur le véhicule individuel, et demander aux constructeurs des voitures qui consomment 2,5 a 3 litres aux 100 km. Enfin : traquer l'électroménager énergivore. Pour les réfrigérateurs, l'utilisation de l'étiquette Énergie a été une grande réussite. Il faut la généraliser, en étant attentif à l'arrivée des nouveaux appareils : les écrans plasma consomment 850 kWh par an, soit autant que six postes de télévision.
 
Que peut-on faire, concrètement ?
Chasser les usages superflus, comme les éclairages en ville ou à l'intérieur des bâtiments. À Montpellier, la mairie s'est rendu compte que ses bureaux étaient allumes toute la journée. Elle a donc instaure un arrêt automatique le matin, forçant les gens à rallumer si besoin. Il faut aussi mettre en œuvre des réglementations intelligentes pour taxer la pollution - aller plus loin sur la taxation du CO2 des véhicules, à l'achat mais aussi chaque année, ou afficher au dos du véhicule sa catégorie A, B, C, etc., de pollution.
Autre exemple, multiplier les points d'information. Beaucoup de gens disent : "Je suis d'accord, mais je ne sais ou commencer". Il faut les prendre par la main.
 
Ces efforts ne sont-ils pas marginaux ?
Si l'on ajoute tous ces équipements avec une veille électrique, cela représente en moyenne 70 watts par famille - soit 8 à 9 réacteurs nucléaires en Europe.
 
Pourquoi ces politiques assez simples ne sont-elles pas mises en œuvre ?
Parce que le regard sur l'énergie est axe sur la production, et non sur l'équilibre entre demande et production. Des l'école, on apprend l'énergie à travers la mine, le barrage, le pétrole, jamais a travers ses usages.
 
Ça ne dépend pas de lobbies ?
Bien sûr, des intérêts industriels poussent à consommer plutôt qu'à ne pas consommer. Le débat sur le rapprochement entre Suez et GDF en est l'illustration. Il s'est focalise sur les problèmes de production, en oubliant encore une fois la maîtrise de la demande. J'ai peur dans ces conditions que, d'ici quinze a vingt ans, des mesures coercitives s'imposent.
 
Pourquoi ?
La consommation d'électricité croit regulièrement depuis trente ans. Si elle ne s'infléchit pas, et dans l'hypothèse d'un renouvellement du parc nucléaire, les énergies renouvelables ne pourront pas suffire à la demande. Il faudra faire appel aux énergies fossiles importées ou augmenter la taille du parc nucléaire.
 
Les énergies renouvelables ne servent donc à rien ?
Elles ont un potentiel formidable, mais a la condition d'être associées à une politique d'économie. La maîtrise de l'énergie, qui peut se mettre en œuvre plus rapidement que les renouvelables, desserre les contraintes.
 
Même pour les pays en développement ?
Oui, mais selon des priorités différentes. Dans des pays peu fournis en énergie, la priorité peut aller a la production. La, les renouvelables ont tout leur sens. Dans des pays comme ceux d'Europe de l'Est, qui connaissent des gaspillages prodigieux, l'efficacité énergétique est prioritaire. En Afrique ou en Amérique latine, dans le monde rural, les renouvelables ont tout leur sens, avec la biomasse.


samedi, septembre 9 2006

Habitat Éco Bois

Vous êtiez au salon Habitat Éco Bois, vous avez visité le chapiteau au centre du salon et particulièrement le stand de l'association Perseüs (économies d'énergies) que je tenais ?

Vous avez des questions, des demandes de renseignement ?!

N'hésitez pas, contactez-moi en laissant un commentaire ou via cette page-ci ! ;)

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