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Mot-clé - écologie

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samedi, mars 13 2010

"Accroche une étoile à ta charrue" (Laozi)

J'ai assisté, il y a quelques jours, à une conférence à laquelle participait M. Pierre Radanne.

Je l'ai expliqué ici à plusieurs reprises, il y a dans la démarche "écologiste" plusieurs écueils à éviter, dans lesquels certains, pourtant, se ruent sans hésitations :

  • l'oracle de mauvaise augure :
    Oubliant que l'écologie est d'abord une science, certains n'hésitent pas à jouer les futurologues de pacotilles, accompagnant tout cela d'une bonne dose d'affect et de culpabilisation.
  • le prédicateur :
    Lui-aussi oublie que la première des certitudes scientifique est le doute. Il n'hésite pas à sermonner l'assistance, l'exhorter à s'inscrire dans la bonne voie, celle des justes. On baigne alors dans une morale toute mormone qui m'effraie.
  • le jamais-content :
    Lui, non plus, n'est pas si rare. C'est une sorte de schtroumpf grognon qui, en grand fataliste, pense que tout ce qu'on fait est mauvais, inefficace... sans doute parce que lui connait la réponse.

Tous ces portraits désastreux partagent un goût profond pour la science infuse (instantannée comme le café) et un évangélisme moraliste et culpabilisateur.

Je comprend sans difficulté que l'on puisse mêler l'affect à un militantisme écologiste mais je m'inquiète de devoir partager avec ces trois personnages une image commune de l'écolo.

Pour ma part, je n'ai pas la solution, je suis juste à même de faire des comparaisons impartiales à l'aulne de mes connaissances et d'en tirer des conclusions, avec toute la partialité des décisions humaines.

Ce graphique met en comparaison l'IDH (indicateur prenant en compte indices de longévité, niveau d'éducation et niveau de vie d'une population) et l'empreinte environnementale (surfaces biologiquement productives de terre et d´eau nécessaires pour produire les biens et services naturels nécessaires à une population ). Il ressort de cette analyse qu'aucun pays (si ce n'est Cuba pour des raisons un peu artificielles comme l'embargo) ne détient la solution.

Je plaide finalement pour une voie du Milieu - mais pas du centre -, hérité de mon expérience des arts internes peut-être : il s'agit de ne pas se crisper sur ses indigentes connaissances, de garder une conscience apaisée et bienveillante sur la situation, en aidant ceux qui nous entoure à avoir envie de futur.

Envie de futur ! 

Voilà bien ce qui me rapproche de Pierre Radanne, qui s'est acharné à défendre un futur différent mais tout aussi à même de faire naître des rêves et des utopies.

Comme toutes les fins de civilisations, la fin le notre ère d'expansion industrielle ne se fera pas sans crise. Et celle que l'on vit actuellement n'est peut-être pas, malheureusement, la plus dure.

L'effondrement de l'Empire Romain a été accompagné de moult tensions, guerre et effusions de sang.

Pire encore, il a fallu les mille ans d'un moyen âge incompris pour apaiser les peuples.

Suivez le conseil de Pierre Radanne, et relisez, revoyez, "Le nom de la Rose" à la lumière de notre nouvelle époque de crise.

Comme les moines, on s'accroche à notre ère industrielle, de peur que sa disparition n'annonce le règne du Diable sur terre. Pourtant, la période qui a suivi n'a pas vu l'ombre d'une corne, la Renaissance s'est montrée prodigue en avancées sur tous les fronts.

Nous vivons une époque semblable, nous sommes face à un précipice identique, qu'il faudra sauter, c'est fatal, avec plus ou moins de réussites mais sans que le bord opposé ne s'annonce à l'avance moins accueillant que celui que l'on quitte.

Le bord opposé, le brouillard est ténu mais on ne le voit pas entièrement. Rien ne dit que l'herbe est moins verte, au contraire.

On n'encouragera personne à sauter le pas par des séances mortifiantes d'auto-flagellation.

On se doit d'ouvrir les yeux sur ce qui n'est pas des erreurs de fonctionnement (parce qu'il n'y a pas une Vérité unique) mais bien des anomalies de fonctionnement, au sens de pratiques qui mettent en danger l'humanité dans son écosystème.

Parce que trêve de plaisanterie, nous sommes mariés à notre planète, quoiqu'en disent les scientistes de tout bord.

Une fois le constat posé, il ne s'agit pas de se noyer dans des critiques et des sermons sans fin, il s'agit d'avancer, de rêver et de faire rêver ce futur inconnu.

Si notre terre est finie, elle recèle un potentiel d'infini indubitable comme les innombrables variations d'un même pas de danse. 

Le flocon de Von Koch, ou comment une surface finie peut-être encerclée par un périmètre infinie !

Et ça, c'est un motif et un médium pour rêver au-delà de notre société de consommation qui vampirise sa planète en suçant pétrole et ressources naturelle. Au risque que l'hémorragie ne nous soit fatale...

Si on veut éviter le règne des mouches, accrochons une étoile à notre charrue commune.


Après nous les Mouches...

samedi, août 15 2009

"Tant qu'on ne diminuera pas le cheptel animal, il n'y aura pas de solution"

Depuis quelques décennies maintenant, il y a un souci majeur en Bretagne de qualité de l'eau.

J'ai passé quelques années en Bretagne et j'y ai découvert qu'on pouvait n'utiliser que de l'eau en bouteille pour apaiser sa soif.

Avant de séjourner là-bas, j'avais déjà bu de l'eau de source ou minérale en bouteille, je vous rassure, mais j'ignorais qu'il existait des régions entière où l'on ne buvait plus l'eau du robinet :p

Le phénomène n'est pas marginal puisqu'on a constaté partout dans le monde une explosion de la consommation d'eau en bouteilles !

Il faut noter que dans les pays industrialisés, l'eau du robinet reprend du poil de la bête au dépens de l'eau en bouteille, le consommateur appréciant son plus faible coût et impact environnemental.

En France, l'une des motivations principales pour boire en bouteille est la crainte de la mauvaise qualité de l'eau du robinet, même si notre eau potable est parmi celles de meilleure qualité au monde.

Mais qui dit bonne qualité par rapport au reste du monde ne dit pas homogénéité de la qualité dans le pays ! Il y a en France des régions qui distribue de l'eau de très grande qualité alors que dans d'autres régions... on évite de boire l'eau du robinet.

Une étude du WWF en cours montre que c'est très clairement lié à l'agriculture puisque l'eau de ville est meilleure que l'eau des champs.

En Bretagne, on soupçonne les niveaux de nitrates dans l'eau de consommation de causer des cancers digestifs.

Surplus azoté en franceCancers digestifs en France

Mais, ces apports azotés en surnombre sont surtout la cause de l'eutrophisation des eaux de surface et des eaux marines côtières, entrainant une invasion saisonnière d'algues.

Jusqu'à présent ce n'était qu'une gêne très odorante pour les touristes, mais voilà qu'on craint que leur fermentation n'augmente la mortalité des promeneurs des plages !

lundi, juillet 27 2009

Pourquoi je ne suis pas favorable à l'A65 !

La tempête Klaus ayant quitté notre département, c'est la valse des engins de construction qui a pris le relais pour dévaster l'Est des Landes encore "sauvage", au motif de construire un nouvel équipement autoroutier à même de (dixit la société concessionnaire) :

  • Relier Pau à sa capitale en désenclavant la région de Mont de Marsan,
  • Permettre un gain de temps et du développement économique,
  • Apporter sécurité, fluidité, confort.

Le Grenelle de l'Environnement n'a posé aucun frein à tout cette gabegie d'énergie et d'argent public pour encore un autre équipement autoroutier en France (pays disposant déjà du plus gros réseau d'Europe !).

carte routière européenne

source : IENE

  • Désenclavement

Voilà un mot qui rencontre un fort succès depuis je ne sais combien d'années.

Si je peux me permettre une opinion personnelle, je vous parie un sac de carambars que ce sera dans quelques années un mot ringard qui symbolisera une politique de l'aménagement qu'on jugera absurde dans un futur proche !

Pourquoi absurde ?

D'abord éthymologiquement, il s'agirait moins de désenclaver Mont-de-Marsan que de l'enclaver dans un réseau autoroutier nouveau. Puisque enclaver c'est engager une chose dans une autre.

Mais non, on emploie désenclaver comme si la ville était prise dans la roche, prisonnière d'une nature hostile. Il y a dans notre utilisation de ce mot une évocation du mythe d'Andromède, attachée nue à un rocher sur la côte, et livrée à un monstre marin envoyée par Poséidon.

Heureusement, tel Persée le sauveur, l'autoroute A65 arrive, braves gens !

Construire un nouveau réseau autoroutier alors que l'on ne cesse de nous alarmer sur l'accélération du réchauffement climatique, qu'on nous parle de transport propre et de développement durable... est-ce bien raisonnable ?

L'autoroute A65, c'est en effet :

  • plus de 950.000 tonnes de CO2 larguées dans l'atmosphère à la construction et au minimum 125.000 tonnes/an à l'exploitation !
  • 150 km de bitume sur 2000 ha de milieux naturels créant un nouveau mitage d'une zone jusqu'alors peu atteinte par ce phénomène,
  • 4 millions de tonnes de granulats obligeant la création de toutes nouvelles gravières,
  • un investissement public de 1,2 Md € soit l'équivalent de la rénovation thermique à 50 kWh/m²/an de près de 100 000 logements.

Enfin, n'oublions pas qu'en facilitant la mobilité automobile sur deux sens, on rend difficile tous les autres flux sur toutes les directions. C'est la loi de l'acquis et de la perte : qui relie Pau à Bordeaux par une autoroute crée un obstacle à toutes les autres formes de vie de  part et d'autre de cet aménagement.

La route est un obstacle

source : Wildlife and traffic in Sweden

Bien sûr, tout le monde ou presque, se fout que la route éparpille les espaces naturels et même que l'on grignote toujours plus de terres à forts potentiels agricoles, pourvu que l'on gagne 1/3 de temps sur le trajet actuel. Le temps est pseudonyme de la vie, de notre vie.

Une Twingo part de Bordeaux à midi et roule à 90km/h sur l'autoroute Bordeaux-Pau. Une Golf GTI 16 soupapes fait le même trajet en partant à 13h de Bordeaux et roulant à 130km/h. On note d la distance parcourue par une voiture et t le temps écoulé depuis midi si bien que d=90t pour la Twingo et d=130(t-1) pour la Golf.
a) Représenter graphiquement les deux fonctions affines.
b) Qui a fait meilleur voyage ? Qui a regardé le paysage ?
c) Qui a le plus vieilli ?

  • Développement économique

Il est vraiment simpliste de croire qu'une autoroute enrichit les zones traversées.

Comptez avec moi le nombre de villages fantômes desservis par des échangeurs surchargés, on y a le bruit mais nulle retombées économiques (le boulanger a plié bagages, le restaurateur n'accueille plus que des routiers fatigués).

Parfois même on y fait passer sans honte des infrastructures innovantes sans laisser une possibilité de s'y connecter (fibres optiques dans la Haute Lande).

D'ailleurs, même chez les maîtres d'ouvrage, on a été averti qu'il n'y avait nulle illusion à se faire, comme le montre le rapport d'une étude "Impact socioéconomique de la future A65 en Béarn" menée pour la CCI de Pau :

« ... la création d’une autoroute n’est plus un atout spécifique : la plupart des territoires sont desservis, le transport routier n’est plus considéré comme un moyen de communication d’avenir et les coûts des transports par voies autoroutières sont dissuasifs (carburant et péage). ... A contrario,... le manque d’une liaison Nord Sud efficace dans la région et son manque de cohésion ont permis jusque là l’émergence de pôles relativement autonomes contrairement à d’autres région. »

Si Pau a pu développer sa propre université en liaison avec des activités innovantes (Turbomeca, IFP, etc.), c'est en partie grâce à l'absence de liaison avec Bordeaux qui sinon aurait sans doute jouer le rôle d'aspirateurs d'activités économiques.

  • Fluidité

Oui bien sûr, fluidifier c'est bien !

Mais fluidifier quoi ?

A65 et traffic routier

source : Observatoire des territoires

Si le traffic est important entre Mont-de-Marsan et Auch, il est faible en direction de Pau. D'expérience, je confirme...

L'état le reconnaît d'ailleurs lui-même pour le premier tronçon :

« Le trafic de la RN 524, extrêmement faible et ne comportant que très peu de poids lourds, ne représente pas un enjeu de sécurité routière pour la traversée de Captieux. » (source : Dossier des engagements de l'Etat page 14, en ligne sur le site de l'A65)

Enfin un petit agacement à propos du site de la société concessionnaire : quand vous parlez d'insertion paysagère ou environnementale, cessez de nous montrer de jolis coins de nature, montrez-nous réellement ce qu'est une autoroute insérée ;)

jeudi, août 14 2008

Un geste pour la planète !

Je pense que si, tous ensemble, on s'y met, si nous faisons tous l'effort de faire un geste pour la planète... ben on va s'en sortir na !

Vous aussi, n'hésitez pas à utiliser cette bannière sur votre site en copiant-collant ce code sur votre site :

<a href="http://docsmartinez.free.fr/dotclear/index.php?2008/08/14/147-un-geste-pour-la-planete" title="Un geste pour la planète !"><img src="http://docsmartinez.free.fr/dotclear/public/ungestepourlaplanete.png" alt="" /></a>

Fausse manif anti-écolo à Lille le 27 Septembre
organisée par Greenpeace

En réalité, ce beau slogan est tiré d'une invitation de Greenpeace Lille à une fausse manif' anti-écolo :

dimanche, juillet 13 2008

trois petites questions ...


La ville durable
Seriez-vous prêt à abandonner votre rêve de pavillon pour habiter un éco-immeuble en ville ?
Tout à fait favorable
Plutôt favorable
Sans opinion
Plutôt défavorable
Tout à fait défavorable
Seriez-vous prêt à abandonner vos véhicules pour des modes de transport plus doux ?
Tout à fait favorable
Plutôt favorable
Sans opinion
Plutôt défavorable
Tout à fait défavorable
Seriez-vous prêt à vous investir pour que votre logement consomme moins ?
Tout à fait favorable
Plutôt favorable
Sans opinion
Plutôt défavorable
Tout à fait défavorable

Résultats

questionLe dernier sondage posté ici a reçu, à ce jour, près de 200 réponses !

Je vous en remercie, je vous avoue que je n'aurais pas attendu autant de sondés, et cela me fait vraiment très plaisir !

J'espère que vous serez tout aussi nombreux à venir tester Dimeco2 free edition preview qui devrait être accessible peu après le 14 juillet !

(genre par ici :) )

Puisque j'ai semble-t-il la chance de rencontrer parmi vous des volontaires pour ce genre de petit jeu, permettez-moi de vous en soumettre un nouveau.

Il s'agira ici d'étancher ma curiosité à propos de votre  motivation à faire de nos villes des lieux de vie "durables" et à faible impact environnemental.

Ces questions-là, je vous l'avoue, je les traîne avec mois depuis bien longtemps et je suis fort curieux de connaître vos réponses. N'hésitez pas à participer, que vous ayez une sensibilité environnementale ou non, quel que soit votre bord politique, votre profession, votre âge, etc.

Je serai déçu que seuls quelques bo-bo répondent ;)

Soyez très nombreux à répondre que je puisse montrer ces chiffres à des promoteurs immobiliers, des élus, des décideurs...

Commençons donc. !

1/ Imaginez que l'on vous propose de petits immeubles "basse énergie" (factures divisées par 2 par rapport à du neuf actuel) de 4 ou 5 étages en pleine ville, avec un surcoût de 10%... Vous sentez-vous prêt à réinvestir ainsi la ville, une ville plus dense mais plus "écologique" ?

2/ Si nous parvenions à convaincre des élus de privilégier les transports doux dans un éco-quartier balnéaire de plusieurs hectares, seriez-vous prêt à abandonner la voiture pour le vélo, les rollers, la marche à pied et des transports en commun de petite taille ?

3/ Actuellement, les occupants d'un logement n'interviennent plus sur leur habitat, ils règlent le thermostat de la climatisation et oublient de fermer les volets ou de créer des courants d'air quand le temps s'y prête. Et vous, que feriez-vous si on vous demandait d'investir un éco-bâtiment qui attendrait de vous des actions simples mais efficaces ?

vendredi, juillet 11 2008

Comment faire des économies d'énergies chez soi ?

La top-réponse était "en éteignant les veilles de ses appareils" !

Hé ben, avec un niveau de connaissance aussi élevé des économies d'énergies, on a encore du taf, nous !

samedi, janvier 19 2008

Poker Texas ranger

Tiens, c'est la mode du poker ...
Ah ben mince, c'est la mode du poker !

C'est une drôle de mode qui aparaît dans les média alors qu'au même moment les économistes s'inquiètent de la chute du pouvoir d'achat et les écologistes de l'incohérence de la surconsommation.

Je me demande bien ce qu'il faut y comprendre.
Sans doute qu'une grande partie de la France n'a plus les moyens d'acheter son pain quotidien et que l'autre, riche de ce pain qu'elle vend beaucoup plus cher du fait de l'augmentation des matières premières et de l'énergie, s'amuse à le dépenser avec quelques cartes.

Mais c'est quoi le poker ? C'est un jeu d'argent sur un beau tapis vert gazon. Une jolie couleur "développement durable". On accumule des jetons pour avoir le plus gros tas et s'acheter une Rolex. On cache ces cartes derrière des mains inquiètes et ses yeux derrière des lunettes dernier cri. On se tait, on lance des regards en tout sens, on attend.

Finalement, cela ressemble beaucoup au mode de vie de notre société qui attend le pic de Hubbert et la récession annoncée ...


vendredi, juin 29 2007

Jean-Louis au boulot

Et voilà, çà y est jean-louis Borloo, le remplaçant inattendu d'Alain Juppé, vient d'annoncer son programme qu'il promet "d'action".

Flanqué de deux secrétaires d'états, Nathalie Kosciuscko-Morizet à l'écologie et Dominique Bussereau aux transports, il prépare le fameux Grenelle de l'environnement qui abordera les 6 problématiques suivantes : climat, biodiversité, santé et environnement, agriculture et ruralité, institutions et gouvernances, mode de développement économique et emploi.

Tiens puisque j'en suis à parler de choses qui changent, j'aimerais bien faire voler en éclats quelques idées préconçues.

  • Les biocarburants sont à la mode. Vous connaissez, peut-être, mon opinion critique sur cette nouvelle agro-industrie du fait de son bilan global assez mitigé (y'a pas beaucoup de rendement) et du problème d'échelle existant (y'a beaucoup de voitures dans le monde), j'aimerais ici vous parler de la jolie image "verte et propre" de ces combustibles du futur. Parce que c'est bien connu, tout ce qui est vert est propre comme tout ce qui est chimique n'est pas naturel ! Et bien sachez par exemple, qu'un étude américaine s'inquiète de l'impact sanitaire du passage des carburants issus de la pétrochimie aux agrocarburants. En effet, ces derniers, s'ils dégagent moins de benzène, produisent en revanche plus de COV (vous savez les trucs qui envahissent déjà vos maisons) contribuant ainsi à la formation d'ozone et de smog. L'effet n'est pas marginal puisque les médecins craignent une augmentation de la mortalité de 4% si tous les véhicules américains passent au superéthanol (85% éthanol - 15% essence sans plomb).
  • Si la voiture électrique ne fait plus les beaux jours de nos médias ce n'est pas dû à un bilan global là-aussi contestable mais bien à la puissante volonté des lobbies industriels. C'est en tout cas ce que prétend Chris Paine dans son très bon Who Killed the Electric Car ! On y apprend, par exemple, que General Motors a détruit tous les exemplaires de son EV1 en 2005, et que seule une carrosserie dénuée de moteur existe encore au musée de l'automobile de Los Angeles.
    Puisque l'on parle de voitures peu polluantes, n'est pas champion de la discipline qui l'on croit ! Si vous vous attendez à retrouver Toyota et sa Prius dans le haut du tableau, vous allez être déçu par le rapport de la Fédération Européenne pour le transport et l'environnement qui place Fiat comme le constructeur le moins pollueur ! En moyenne, un véhicule Fiat pollue moins que tout autre véhicule mais c'est également la marque qui a fait le plus d'efforts de réduction de ces émissions de GES.
  • Enfin, pour finir en beauté... Je vous parlais il y a quelques temps de la géo-ingénierie et d'une des possibilités évoquées de refroidir le climat par l'ensemencement des océans en particules de fer. La campagne Keops vient de démontrer l'inutilité de cette pratique : il existe dans les océans des processus naturels qui font que le fer disponible naturellement est dix à cent fois plus efficace en terme de piégeage du CO2 que le fer déversé par l'homme ! Stéphane Blain, prévient que même si son laboratoire a démontré la faible efficacité de l'ensemencement en fer, des sociétés continuent à proposer cette méthode flairant-là un marché juteux et escomptant revendre des permis de polluer sur le marché du carbone.

mardi, mai 15 2007

Y'a du radon dans ma maison !

carte du radon
Carte de la radioactivité naturelle dans les départements français
Télécharger l'atlas (.zip 2.8 Mo)
Lorsqu'on parle puits canadien et risque sanitaire, immanquablement surgit le nom du radon, gaz radioactif produit de la désintégration en cascade de l'uranium 238 contenu dans le sol et la roche.

Sa dangerosité pour les mineurs est connue et avérée depuis longtemps. Ce qui est nouveau, c'est qu'une étude a été menée sur le radon gazeux présent dans les habitations.

Voilà donc le risque du radon gazeux démontré dans l'habitat !

Mais comment s'en protéger. Assez simplement : l'idée est d'empêcher le radon de pénétrer dans la maison (étanchéité avec le sol) et de chasser celui qui serait éventuellement présent (ventilation).

Le Figaro parle même de VMC double-flux. Dommage qu'il ne cite pas le puits canadien qui lui aussi, à condition d'avoir été conçu étanche, permet de façon économique et efficace de se mettre à l'abri du radon en mettant votre bâtiment en légère surpression (pour le neuf comme l'ancien).

manche à airJ'espère que le radon ne sera pas un prétexte pour surventiler de façon bête et méchante toutes les maisons de France sans souci d'économie d'énergie. Ventiler est essentiel pour l'hygiène, la sécurité et le confort, mais il ne s'agit pas de transformer votre maison en manche à air !

Le radon est cancérigène, même à faibles doses !

Plusieurs nouvelles études confirment la dangerosité de ce gaz radioactif. Le risque de cancer du poumon existe même à basse concentration.

JEAN-MICHEL
BADER. Publié le 15 mai 2007 dans Le Figaro

-Jusqu'à 2 913 morts en 1999

L'analyse montre une augmentation durisque de cancer du poumon de 8,4 %, pour chaque accroissement de 100Bq/m³ de la concentration en radon mesurée. Les chercheurs ont réparti la cohorte totale en sept catégories selon la concentration de radon, et ils ont découvert une relation linéaire entre le risque de cancer et la dose accumulée.

Autrement dit, et c'est une nouveauté, il n'y a pas de seuil de dangerosité : le risque est quasiment le même pour les concentrations de radon comprises entre 100 et 200 Becquerels, ou pour celles inférieures à 100 Becquerels par mètre cube. 

Enfin, le risque absolu pour les fumeurs et anciens fumeurs récents est considérablement plus élevé que pour des personnes n'ayant jamais fumé. « L'exposition au radon domestique est responsable pour environ 9 % des décès par cancer du poumon et environ 2 % de tous les décès par cancer en Europe », explique l'article du BEH. D'autres chercheurs, de l'Institut de veille sanitaire (InVS) et de l'Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN), ont évalué le nombre de décès par cancer du poumon attribuables au radon en France métropolitaine en 1999 : il est compris entre 1 234 et 2 913 morts.

Et parmi les 25 134 décès par cancer du poumon survenus en 1999 en France, entre 5 % et 12 % seraient attribuables à l'exposition domestique au radon, le risque semblant trois fois plus élevé chez le fumeur que chez le non-fumeur.


vendredi, mars 16 2007

Nico, Ségo... et Nicolas Hulot

Très bonne émission que cet "À vous de juger" d'Arlette Chabot !

Dommage que l'émission ne soit consultable sur france2.fr que si l'on utilise Microsoft Windows et Windows Media Player 9... Je ne comprendrai jamais pourquoi une chaîne du service public ne travaille pas avec des standards du web et pourquoi elle prive, ce faisant, une bonne partie des visiteurs de leur site d'un accès aux vidéos. Je cesse tout commentaire avant de m'énerver :(

Revenons-en à cette excellente émission politique et à l'intervention qui m'intéresse le plus : celle de Nicolas Hulot. Là encore, félicitations à Mme Chabot, pour cette très bonne idée d'inviter sur son plateau celui qui a fait rentrer l'écologie dans la campagne présidentielle.

Le 8 mars dernier, en fin d'émission, Nicolas Hulot rencontrait Nicolas Sarkozy. Autant dire que j'ai été surpris et râvi par la première question du fondateur de la fondation du même nom qui portait sur quelques lignes du discours de Bordeaux du candidat de l'UMP :

Et vous avez dit : “ que vous ne vouliez pas que l’écologie devienne une idéologie totalitaire, vous avez dit qu’on ne sauvera pas l’humanité en faisant de l’écologie une idéologie totalitaire, qui se donnerait pour objectif de libérer l’homme de la civilisation pour le renvoyer à l’état sauvage ”. Alors moi ça m’a un peu chagriné pour être tout à fait franc parce que j’ai l’impression qu’on est revenu un peu à ce qu’on appelait la querelle des anciens et des modernes, à cette espèce de caricature dans laquelle on cantonnait l’écologie il y a encore quelques années, je pensais qu’on était un peu sorti de cela, et qu’on était arrivé à une vision un peu plus je dirais réaliste de l’écologie, et je pense que ces propos étaient presque inutiles, parce que le retour à l’ensauvagement c’est si on laisse les phénomènes s’emballer. Moi je pense que aucun système démocratique, social, économique, aucun projet de société, quel qu’il soit, ne sera viable si on ne traite pas prioritairement cet enjeu vital.

Je vais répéter ce que Nicolas Hulot a dit mieux que moi : ces quelques lignes du discours de Bordeaux sont une ville caricature qu'il est impensable de dessiner à notre époque. Il serait grand temps de se rendre compte que l'écologie n'est pas une lubbie de hippies à la barbe fleurie mais une prise de conscience obligatoire de l'état de notre environnement et des dangers que cela fait peser sur la pérennité de l'humanité dans ce siècle ! Peu importe nos projets politiques en terme d'emploi, de croissance, de logement, etc., si nous ne nous lançons pas immédiatement dans d'ambitieux chantiers en terme d'énergie et d'environnement. Peu importe simplement parce que nulle démocratie ne résistera à l'ampleur de la crise à venir si nous ne faisons rien, peu importe parce qu'aucune civilisation n'est capable de vivre sur une planète déstabilisée sur le plan climatique et environnental .

Bravo aussi à Nicolas Hulot d'avoir pu placer au hasard de la conversation que croire que le nucléaire nous assure une forme d'indépendance énergétique est une illusion :

On ne va pas débattre ici du nucléaire, juste au passage j’ai entendu dire tout à l’heure que ça assurait une forme d’indépendance énergétique de la France, je veux simplement dire que les gisements d’uranium ne sont pas chez nous et que ce n’est pas une totale indépendance. Mais je crois que ce qui est important …

Enfin, M. Hulot, téméraire, a abordé un sujet que nul candidat n'aborde durant cette campagne : le problème de la croissance.

Je vous entends à juste titre parler de la croissance. Et force est de reconnaître que nous sommes dans notre pays comme dans d’autres depuis plusieurs générations sous le culte de la croissance quantitative. Moi je fais cette réflexion sans dogmatisme et je dis simplement comment fait-on dans un monde où on bascule de l’abondance à la rareté pour réguler les flux ? Parce que comment fait-on pour conjuguer une croissance économique qui est nécessaire pour une meilleure et plus équitable répartition des richesses avec la pénurie ou la rareté annoncée d’un certain nombre de ressources et de biens et à commencer par le pétrole, mais il en est du pétrole comme des ressources halieutiques, comment fait-on pour scinder les flux ?

Oui, comment fait-on sur un monde fini pour compter, sans se poser de question, sur une croissance continue et exponentielle ? Peut-on imaginer que la crossance soit un concept découplé de toutes les réalités physiques du monde ? Ou faut-il craindre que l'environnement, via les ressources naturelles en particulier, se rappelle à notre bon souvenir ? Les mathématiques nous disent que, dans un monde fini, toute consommation de ressources non renouvelables tendra (en moyenne) vers zéro avec le temps, que cela nous plaise ou non ! L'impopulaire rapport du Club de Rome suspectait déjà, il ya plus de 30 ans, que le concept de croissance n'était pas sans danger, tout en se gardant bien de préconiser la décroissance qui selon eux relève d'un choix politique et non scientifique.

Le 15 mars, c'était au tour de Ségolène Royal de répondre aux questions de Nicolas Hulot. Dès sa prise de parole, il a rappelé, à nouveau, à quel point l'enjeu est vital et conditionne tous les autres projets de société.

Force est de constater que, dans ce domaine, on ne peut guère accuser Mme Royal de plus d'incompétence que M. Sarkozy, son discours a été somme toute clair et empreint d'une certaine culture environnementale. Intéressant d'entendre que même le nucléaire, selon elle, mérite un débat public et n'est pas un choix préétabli. J'ai été particulièrement satisfait d'entendre la candidate du Parti Socialiste parler d'économies d'énergies :

On ne peut pas parler de la question énergétique et de la part des énergies renouvelables sans parler de la question des économies d'énergies.

Rappelons en effet que seules les économies d'énergies ont su montrer leurs capacités à diminuer nos émissions de gaz à effet de serre, que le nucléaire, tellement vanté pour ses faibles émissions de GES, n'a jamais montré aucune capacité en 50 ans de diminuer nos émissions de façons drastiques. Notez par exemple, que substituer toutes les centrales nucléaires du monde par des centrales gaz naturel moderne à cycle combiné, n'augmenterait que de 3,8% les émissions de GES (Global Chance, Petit mémento énergétique, janvier 2003). Bien moins si l'on se tournait vers la cogénération.

Si tous mes billets Sciences & Environnement parlent de politiques écologiques, celui-ci est le premier à se pencher sur nos hommes et nos femmes politiques. Je ne veux pas plus que Nicolas Hulot influencer votre choix pour notre future président, en revanche, je crois qu'il est intéressant d'analyser ce que les candidats proposent. Pour Juger de l'implication des candidats dans la problématique énergético-environnementale, je vous invite à consulter les notes attribuées par l'Alliance 2007 :

lundi, mars 12 2007

Je vous donne rendez-vous ...

Si vous n'êtes pas très loin de Bayonne et êtes intéressé par la problématique énergético-environnementale actuelle, je vous invite mardi 20 mars au CPIE Seignanx-Adour pour assister à une conférence gratuite : "Énergie : pourquoi et comment agir ?".

Le trésorier de l'association Perseüs et moi-même animerons cette conférence dont l'objectif est d'expliquer au grand public pourquoi il doit s'impliquer dans cette problématique et quels sont ses moyens d'agir ! Après avoir présenté le contexte actuel, nous nous intéresserons en particulier à l'énergie dans l'habitat.

Pour vous y rendre, suivez le guide : http://maps.google.fr/maps?f=q&hl=fr&q=arremont+saint+martin+de+seign...

Enfin, pour les adhérents de Perseüs, n'oubliez pas que nous sommes tous invités, vendredi 23 à Jurançon, à nous réunir pour une soirée "auberge espagnole". Je profiterai de l'évènement pour présenter à nouveau le puits canadien. Si vous n'êtes pas encore adhérents mais que vous voudriez bien l'être et participer à cette soirée, contactez-moi ;)

dimanche, février 18 2007

À propos du tri sélectif...

À l'occasion d'un exposé de mon amie, je me suis penché, pour la première fois ou presque, sur la problématique des déchets. J'avoue que c'est un sujet sur lequel j'ai toujours été somme toute assez inculte. Sans doute parce que j'ai toujours pensé qu'il y avait suffisamment de choses à savoir dans le domaine de l'énergie. :(

Voici, après quelques recherches, ce que j'ai retenu, et ce qu'il me semble important. Eugène Poubelle

La première chose qui m'ait frappé c'est que si actuellement la collecte sélective nous semble une façon de faire particulièrement moderne, l'inventeur de la poubelle en est l'instigateur dès 1884 ! Dès la fin du 19ème siècle,  il prévoyait trois boîtes à déchets : une pour les matières putrescibles, une pour les papiers et les chiffons et une dernière pour le verre, la faïence ou les coquilles d'huîtres !

Et nous qui pensions avoir réinventé la roue ...

Mais pourquoi diable trions-nous nos déchets ? Trois raisons à cela :
  •  la préservation de notre environnement,
Trier nos déchets permet de réaliser des économies d’énergie et de ressources naturelles précieuses (pétrole, bois, minerai de fer, etc.). La collecte sélective permet également de diminuer les pollutions (air, eau, sols).
  •  l'accroissement du volume des déchets,
Nous produisons toujours plus de déchets : en 40 ans, la quantité de déchets produite par habitant est passée de 200 à plus de 400kg/an. La part des emballages a doublé et celle des plastiques a été multipliée par dix.
  •  la maîtrise des coûts de leur élimination.
L'augmentation des quantités de déchets, leur nature de plus en plus diverses contraignent à des traitements de plus en plus coûteux. Les dépenses liées à la mise en place de la collecte sélective sont compensées par la réduction du volume d’ordures ménagères à enfouir et par les recettes versées par les partenaires et repreneurs de matériaux.

une poubelle moyenneMaintenant, intéressons-nous à ce que contiennent nos poubelles ?
  •  emballages en papier/carton : 14%
  •  emballages en verre : 7%
  •  emballages en plastique : 26%
  •  emballages métalliques : 4%
  •  magazines, journaux, prospectus : 9%
  •  déchets putrescibles : 16%
  •  divers : 24%

Voilà un fait marquant : 60% du volume de notre poubelle est constitué d'emballages, ce qui rend le tri des déchets on ne peut plus fondé !

Mais attention le tri comme la valorisation énergétique de nos déchets ne sont pas sans inconvénient ! Ils impliquent l'un comme l'autre des rejets de gaz à effet de serre (vous savez le truc "à la mode" qui réchauffe le climat) que l'on estime à 200kg éq. CO2 pour la gestion des 400kg de déchets que chaque Français produit par an. Il ne suffit donc pas de trier mais il est également essentiel de diminuer la masse de ces déchets ! C'est pourquoi certains pays comme la Belgique ou la Suisse appliquent une taxe ordures proportionnelles au poids des déchets dont vous êtes responsables. Là encore, les effets pervers ne doivent pas être ignorés (retour des décharges sauvages et autre "tricheries").

En Allemagne, une solution proposée est le retour de la consigne pour les bouteilles qui lui donnent plusieurs vie avant de finir dans la poubelle (du tri sélectif évidemment).

compostageEnfin, un dernier fait m'a particulièrement marqué et m'a convaincu d'agir à mon petit niveau. En masse, nos poubelles sont particulièrement alourdies par les déchets dits fermentescibles (les végétaux, les épluchures, les déchets de cuisine). Le compostage permet d'alléger la pesée de déchets d'un tiers. Le compost a de nombreuses qualités : il permet d'éviter les émissions d'une importante quantité de GES (dues à la gestion des déchets), il ne dégage lui-même aucun GES et a des vertus évidentes pour votre jardin (en tant que paillage ou engrais naturel). J'invite mes compatriotes landais à consulter le Guide du Compostage qu'édite le Conseil Général. Il est fort bien fait. Il est rare que je fasse un compliment dans la rubrique "Sciences & Environnement" de mon blog, mais j'en adresse un au conseil général des Landes pour ses initiatives dans le domaine des déchets ! Bravo !

Enfin, outre les bénéfices déjà annoncés en terme d'amélioration de la qualité environnementale, de préservation des ressources naturelles, la collecte sélective comme le compostage permette de responsabiliser le citoyen et démontre que même un petit geste peut avoir d'importantes conséquences !

Face à la problématique du réchauffement climatique et de la crise énergétique, nous pouvons penser que cet éveil des consciences est important et pourrait avoir des conséquences positives voire salutaires.

engagement

lundi, février 12 2007

Et si la planete se rechauffait de 4 °C en un siecle ? Alerte mondiale

Dans Le Nouvel Observateur n°2204, le dossier de la semaine fait écho au rapport du GIEC pour nous expliquer l'urgence d'agir face au réchauffement climatique. Je vais me permettre de reprendre et de commenter ici quelques extraits de ce dossier, fort bien écrit, il faut l'avouer.

Les scientifiques confirment leurs prévisions, les consciences se mobilisent, les peuples s'inquiètent et les dirigeants se convertissent... Le réchauffement climatique a commencé. La Terre est en danger. Notre seule chance ? Une révolution dans les esprits et une vraie politique mondiale de l'environnement.

En France comme dans le monde, aucun doute, les consciences s'interrogent, mais les conversions des dirigeants sont longues et difficiles. Pour quelles raisons, pourquoi sont-ils si lents à intervenir alors qu'ils sont les premiers informésvue d'artiste de la terre de la situation mondiale, entourés qu'ils sont de conseillers de toute sorte ? Rappelons que c'est en 1995 que, pour la première fois, le GIEC annonça avec une quasi certitude que le climat se réchauffait. Douze ans plus tard, nous sommes bien loin d'avoir infléchi la courbe ! Cette lenteur a plusieurs explications mais il y en a une en particulier que les citoyens occultent : nous ne sommes pas prêts, nous ne l'étions pas jusqu'alors ! Les consciences s'interrogent mais celles qui se mobilisent sont une minorité. Les choses changent très vite, de nouveaux acteurs se découvrent une passion pour la lutte contre le réchauffement climatique... Malheureusement, tous ne sont ni honnêtes ni convaincus. Quoiqu'il en soit, il est certain que la solution ne viendra pas de simples mesurettes mais d'une révolution des mentalités et des méthodes ! 

L'histoire bégaie avec ironie, et nous sommes amnésiques tout ce que les années Chirac nous ont appris, nous le savions déja sous Mitterrand. Que la planète se dérobait sous nos pieds, que nous empoisonnions notre atmosphère et obérions notre futur... Le discours de Chirac a Johannesburg, en 2002 («Notre maison brûle et nous regardons ailleurs»), n'était qu'une redite de l'avertissement lance par Mitterrand au Sommet de la Terre de Rio, dix ans plus tôt ! 

sequoia géantNe comptez pas sur moi pour illustrer le bégaiement de l'Histoire à l'aide d'exemples douloureux. J'éviterai cet écueil parce qu'il n'y a nul besoin de parler de millions de morts ou de vote au suffrage universel pour vous faire comprendre que l'homme a une mauvaise mémoire. En revanche, j'aimerais, une fois n'est pas coutume, vous parler d'un des hommes qui ont influé la façon dont l'enfant que j'étais a vu naître l'adulte que je suis. Cet homme c'est Jean Dorst. Au delà de ce nom, qui semble digne d'une marque de tracteur, se cache un naturaliste de génie, un Einstein de l'écologie. Je vous invite à lire la biographie de Yvon Le Maho, vous serez étonné de combien les idées qu'il avançait étaient "modernes", de combien nous devrions relire ce qu'il a écrit il y a plus de trente ans. Son plus célèbre ouvrage "Avant que nature ne meure" (que j'ai découvert lorsque j'avais dix ans), devrait nous emmener à nous interroger sur une problématique bien moins médiatique que le réchauffement climatique : l'effondrement de la biodiversité et ses conséquences sur l'homme.

L'histoire bégaie, c'est un fait, espèrons qu'elle ne finisse pas muette, faute de thérapie.

En moins de vingt ans, l'evidence s'est imposee. Irrefutable comme un axiome scientifique venu confirmer les convictions des specialistes. «J'ai acquis la certitude de l'effet de serre des les annees 1980, se souvient Bettina Laville, un des meilleurs « ecopolitiques » francais, conseillere de Brice Lalonde, Francois Mitterrand, Lionel Jospin et Dominique Strauss-Kahn. Nous etions peu nombreux.

Il n'est pas si loin le temps ou Harroun Tazzief mettait en doute le réchauffement climatique et le trou dans la couche d'ozone. Elle n'est pas si vieille l'année où Michael Crichton a osé publié "État d'urgence" (2006), blessante remise en cause de l’existence d’un réchauffement dû à l’Homme. Il ya pourant "Urgences" si l'on ne veut pas finir dans un "Jurassic Park" :)

Mais elle a du mal a monter en puissance, a passer de l'etape de la comprehension a celle de l'action radicale.Premier obstacle : le conservatisme. [...] Deuxieme difficulte, la geopolitique et ses lois. [...] Troisieme complication : la geopolitique se matine aussi de commerce.

Le premier obstacle est une conséquence de notre attitude bushiste, nous ne sommes pas disposés à modifier nos habitudes, «Notre mode de vie n'est pas negociable» comme disait le président américain en 1992. D'où la lenteur de nos dirigeants qui n'ont jamais senti la majorité de leurs concitoyens les pousser vers plus de courage écologico-politique. Les entreprises comme les salariés ne veulent pas d'une taxe carbone, nous ne nous sommes pas résolus à moins de mobilité (cf. billet  "Prise de conscience chez "Auto-Moto" de la crise énergétique ?!") ... 

Bien évidemment, les pays développés sont les premiers coupables du réchauffement mais la croissance des pays émergents est telle que l'Occident seul ne pourra faire pencher la balance de l'autre côté du thermomètre. Mais comment faire accepter à ces pays qui découvre le "confort civilisé" qu'il faut arrêter de jouer, qu'il faut revoir à la baisse leurs consommations ? Ne jouons pas les colons missionnaires, ces pays sont tout aussi conscients que nous de la problématique actuelle mais ils n'ont guère envie d'ouvrir le bal des réductions, alors que les pays riches sont encore assis au bord de la piste. Alors faute de bal, c'est la ronde des négociations géopolitiques qui se joue, ici pour faire signer les États-Unis, là bas pour inviter la Chine à prendre en main ... la patate chaude. Il faudra, pourtant, bien admettre qu'il est sera mille fois plus efficace de montrer l'exemple que d'attendre le consensus.

Dans un monde où les marchands sont entrés dans le temple, il ne faut surtout pas ignorer la part du commerce. Si les États-Unis freinent des deux pieds, c'est parce qu'ils ne veulent céder leur place d'"Empereur du monde". Ils refusent de se risquer trop vite à ce jeu pour lequel d'autres pays ont pris de l'avance. Le Nouvel Observateur cite la Grande-Bretagne, l'Allemagne et le Japon comme prétendant au nouveau leadership mais c'est faire peu de cas des pays scandinaves ! Ils ont les cerveaux et la technologie (le père de Linux, les télécommunications avec Ericsson ou Opera Software p.ex., la fibre optique), les ressources en terme d'énergie renouvelables (dont la biomasse !), une démocratie forte et efficace mais aussi l'ambition, la détermination et le courage politique (Objectif zéro pétrole en 2020, fin du nucléaire, etc.).

«Depuis Hiroshima et la catastrophe de Tchernobyl, dit Bettina Laville, le nucleaire est devenu ideologique. C'est la faute aussi des nucleocrates qui l'ont entoure d'un secret antidemocratique.» L'ancienne conseillere de Mitterrand s'avance. Plaide pour un «maintien raisonnable de l'energie nucleaire pendant une periode transitoire de trente ans». Demande «un effort enorme de la communaute internationale en matiere de dechets».

Si, effectivement, il sera sans doute difficile se passer de l'énergie nucléaire, du moins durant une phase de transition, il ne faut surtout pas se laisser aller à cette espèce de nucléairo-naïveté bon-enfant qui émerge soudain. Ne nous laissons pas aller à un carbocentrise niais. Le réchauffement climatique n'est pas l'unique ennemi de l'homme capable de le faire disparaître de la surface de la planète ! Le nucléaire peut tout autant nous conduire à notre perte ... 

negawattQuel est ce scénario bancal qui nous laisse à penser que le nucléaire est la solution au réchauffement climatique ?

Tout d'abord, certains pensent que les risques que font encourir cette énergie (déchets, catastrophes, prolifération) doivent nous amener à la disqualifier sans plus de procès. Soyons honnête, l'argument est loin d'être abscons ! Les temps futurs ne s'annonçant pas plus sûrs, particulièrement du fait du réchauffement climatique qui ne fera pas se niveler les différences entre les peuples (ni s'éteindre le terrorisme), la prise de risque est loin d'être nulle !

Mais, même à supposer cette prise de risque gérable, le nucléaire est-il la solution ?

Tout d'abord, le nucléaire n'est pas un cycle à zéro émission de gaz à effet de serre. Répètons-le pour être sûr de nous être bien fait entendre : Oui, le nucléaire produit des gaz à effet de serre ! EDF reconnaît même ce fait, dans un note confidentielle, cela va sans dire. Je vous invite à consulter l'excellent numéro 2 de l'Écologiste pour plus de précisions (extrait disponible dans ma box).

Ensuite, gardons-nous bien de comparer ce qui est comparable, l'énergie nuclaire ne produit pas que de l'électricité, détrompez-vous. Le fonctionnement de ce système que l'on suppose de haute technologie repose sur le même principe qu'une centrale thermique classique : il s'agit de faire bouillir de l'eau pour faire tourner une turbine ! L'énergie nucléaire produit donc de l'électricité et de la chaleur comme n'importe quelle centrale thermique. Chez vous, vos besoins se répartissent pour 2/3 de chaleur et pour 1/3 d'électricité spécifique. Pour répondre à l’ensemble de ces besoins, la cogénération (production combinée d’électricité et de chaleur) à base de gaz naturel ne génère pas plus de gaz à effet de serre que l’association d’une électricité nucléaire et d’un chauffage central au fioul ! (Schneider, M., Changement climatique et énergie nucléaire, Rapport WISE-Paris pour le WWF, août 2000.)

À ces premiers arguments, il faut ajouter que la spécificité de cette énergie ne lui permet ni de se substituer à toutes les autres (le transport par ex.) ni même de fournir davantage que 50 % de la demande électrique (il fonctionne en base mais suit difficilement les variations vers les pointes de demande).

Les émissions mondiales de GES ont été multipliées par 3 depuis l’apparition, en 1957, de la production électronucléaire alors que cette énergie, représentant seulement 3 % de la consommation totale d’énergie finale, n'est capable de diminuer nos émissions que d'environ 4%. Substituer le nucléaire aux énergies fossiles, c'est diminuer de 4% nos émissions ! Pour diminuer de façon efficace nos émissions, ce n'est pas simplement quelques réacteurs supplémentaires qui seraient nécessaires mais près de 4000 nouveaux réacteurs dans le monde ! Voilà la prise de risque chiffrée ...

Ne nous laissons pas bercer par l'illusion du nucléaire sans mener une réflexion impartiale et approfondie.

Ne feignons pas d'ignorer que plus qu'un problème de nature de l'énergie, de qualité, il s'agit d'un problème de niveaux de consommation, de quantité.

scenario nagawatt

vendredi, février 2 2007

La pollution vue du ciel

Le site geo-trotter.com s'est fait une spécialité de présenter, de façon catégorisée, les cartes du ciel de Google Maps.

Pour ceux qui ne connaissent pas, Google Maps est un service gratuit de carte géographique et de plan en ligne. Le service a été créé par Google. Ce service a ceci de particulier qu'il permet, à partir de l'échelle d'un pays, de pouvoir zoomer jusqu'à l'échelle d'une rue. Deux types de plan sont disponibles : un plan classique, avec nom des rues, quartier, villes et un plan en image satellite, qui couvre aujourd'hui le monde entier.

Depuis très récemment, une nouvelle catégorie est apparue : La pollution sur Terre vue du ciel !

Et oui, quel merveilleux témoin de la pollution humaine que ce bon vieux Google Maps. On regrette que ce service n'existe pas depuis plus longtemps avec des archives sur 20 ans pour observer l'évolution des choses. Rassurez-vous cependant, geo-site.com présente des archives pour procéder à quelques comparaisons.

mardi, janvier 23 2007

La planète n'est pas en danger ...

perdue"Nicolas Hulot a permis aux français de prendre conscience que la planète est en danger"

La mise en danger par l'homme de la planète, voilà encore un message issue du monde écologiste qui a perdu tout son sens. Parce que non, ce n'est plus la planète qui est en danger mais toute la race humaine. Permettez-moi de vous rassurer, la vie sur Terre nous survivra, comme elle a survécu aux 5 précédentes grandes extinctions de masse (événement d' Acraman, extinction de l'Ordovicien - Silurien, Dévonien, Permien-Trias, grande extinction du Norien, et la plus célèbre celle qui nous mène du Crétacé au Tertiare (dinosaures)).

Si Nicolas Hulot a réussi à sensibiliser les Français au fait qu'il nous est impossible de continuer ainsi si nous ne voulons pas défigurer la planète, il faut rapidement faire comprendre à nos concitoyens qu'il ne s'agit pas d'un problème romantico-bobo, il s'agit de la survie de notre race ! La fertilité est en baisse, les maladies infectieuses en nette progression comme les cancers et les malformations, (etc. etc.), ne sont-ce pas des signes assez parlants ?

5 extinctions de masseBien évidemment, je ne soupçonne pas Nicolas Hulot d'ignorer le problème, la qualité des spécialistes qui l'entourent ne peut me faire douter sur ce point. Il s'agit simplement d'un problème de communication : pour faire passer des informations, il faut des messages forts avec des images parlantes. C'est un grand défaut de l'homme que d'avoir besoin d'images simplifiées pour attirer son attention. C'est ainsi que pour faire comprendre la souffrance des sans-abris, les Don Quichotte ont mis en place une gigantesque opération média avec de jolies tentes rouges pétantes (à fond la forme !). Hors-sujet : Décathlon a-t-il bénéficié d'un gain de sympathie sur son image ?!

du sexe contre le réchauffement planétaire ?De la même façon que nous avons besoin d'images fortes mais simplifiées, nous avons soif de leaders charismatiques (Cléopatre, Einstein, Churchill... Staline, Hitler). Trente ans d'écologie politique auront sans doute moins fait dans les mentalités que six mois de la croisade de Nicolas Hulot. Tant pis, tant mieux, je ne sais pas.

Simplement, il faut que l'essai soit transformé, que le pacte donne  lieu à des actes. La communication est un miroir fabuleux dans lequel on se plait à se regarder et à s'écouter, mais attention à ne pas s'y noyer. Je ne vise pas ici Nicolas Hulot, ni même Ségolène Royal ou Nicolas Sarkozy, aucun décideur mais vous, vous qui me lisez. la planète en point de mireNous qui nous gargarisons de belles promesses et qui sommes si critiques à l'égard de l'autre : bush et sa faim de pétrole, le voisin et son gros 4x4, l'usine qui fume, le chasseur, le paysan,... l'autre !

Stop ! Silence ! N'accusons plus, ne reculons plus, mettons-nous tous en ordre de marche.

jeudi, septembre 7 2006

En France, on n'a pas de pétrole mais des idées... et du charbon !

Grande nouvelle :

Alors que partout dans le monde les scientifiques tirent la sonnette d’alarme, que le gouvernement français s’est engagé à lutter contre le réchauffement climatique et que chacun prend conscience de la nécessité de modifier ses comportements afin de favoriser les économies d’énergie, un gigantesque projet de création d’une mine de charbon à ciel ouvert dans le Sud Nivernais est en cours d’instruction au Ministère de l’Industrie.
Extrait du site de l'association AVES France.


Je vous le disais dans un précédent billet, le charbon n'est pas une solution à la crise énergétique !

Malheureusement, la réflexion à court terme l'emporte toujours sur celle à long terme.

Revenons à nouveau sur les caractéristiques du charbon.

Tout d'abord, il faut noter que le charbon n'est pas une découverte récente datant de la Révolution Industrielle. Déjà au Moyen-Âge, le "charbon de terre" était connu depuis longtemps. Mais il était peu utilisé, car on trouvait qu'il dégageait une odeur désagréable, beaucoup de fumée noires et parce qu'on le soupçonnait - déjà - d'empoisonner l'air et les poumons !

Ce qui a conduit l'humanité à se tourner vers le charbon à la fin du 18ème siècle, c'était déjà une crise énergétique suite à un raréfaction du bois. Le bois est une énergie en effet renouvelable mais pas toujours renouvelée !

Voilà maintenant que la déplétion du pétrole nous ferait nous tourner à nouveau vers la plus "sale" des énergies fossiles ?!

C'est un phénomène craint de tous ceux qui tentent de faire de la maîtrise de l'énergie. Le pétrole et le gaz venant à disparaître, le premier réflexe des producteurs d'énergie est de se tourner vers la charbon qui est disponible en quantité sur Terre et de façon plus homogène que les autres énergies fossiles.

Comment utilise-t-on les charbons ?

Principalement dans les centrales thermiques. Dans le monde 40% de la production d'éléctricité est issu de la combustion du charbon.

Cette utilisation cause particulièrement problème. Les centrales thermiques au charbon émettent des hydrocarbures, de la matière organique, des cendres, des métaux lourds toxiques et des radionucléides qui sont à l’origine de nombreuses maladies (cancers, leucémies, maladies respiratoires...) et des pluies acides.

Et puis surtout des Gaz à Effet de Serre !

La combustion du charbon - comme celle de tous composés organiques - dégage en effet du CO2, mais elle en dégage de plus grande quantité que le pétrole ou le gaz

CombustibleÉmissions de GES (kg eq. Carbone par Tep)Surplus par rapport au gaz naturel
Gaz naturel6510%
Charbon (moyenne)112373%
Coke de lignite123389%
Pétrole, essence83027%
Fioul lourd89037%
Fioul domestique85631%
GPL73112%
Source : Jean-Marc Jancovici


Mais le charbon ne contribue au réchauffement climatique pas uniquement du fait de sa combustion plus productrice de GES.

Son extraction génère des émissions de méthane qui est un GES 23 fois plus efficace que le CO2 sur le réchauffement.

Si l'on prend le cas de la France, l'utilisation de l'électricité pour le chauffage complique tout (rappelons que le "chauffage électrique" est interdit dans plusieurs pays européen).

Imaginons que vous vous chauffiez au fioul. Chaque Tep produit chez vous dégagera 856 kg d'équivalent CO2.

Que se passe-t-il si vous vous chauffer via des convecteurs électriques ?

Si c'est une centrale nucléaire qui vous fournit l'électricité alors votre consommation n'occasionnera aucun dégagement de CO2. Mais si vous vous chauffez en hiver (j'ai juste ?), la demande en électricité est telle que les producteurs sont obligés de relancer des centrales au fioul qui vont dégager 890 kg eq. CO2 par Tep.

Seulement du fait du faible rendement des centrales et des pertes sur les lignes, pour obtenir un Tep chez vous il faudra produire au moins 3 Tep dans la centrale thermique !

Donc pour chauffez votre maison à hauteur d'un Tep, vous serez responsable d'une émission de 3x890=2 670 kg eq. CO2 de GES. Si vous aviez simplement brûlé du fuel domestique chez vous, vous n'auriez dégagé que 856 kg !

Mais si au lieu d'utiliser des centrales au fioul, le prix du pétrole amenait les producteurs à mettre en route des centrales au charbon ?

Et bien dans ce cas, vous deviendriez responsable de l'émission de 3x1 123=3 369 kg eq. CO2 de GES. Au lieu des 856 kg, je me répète, si vous aviez une chaudière au fioul.

Les pro-charbons avancent deux arguments qui en fait n'en sont qu'un : le progrès technique.

Ils nous assurent que dans le futur, le rendement des centrales thermiques sera meilleur. Que l'on stockera le CO2 émis afin de l'emp?her de rejoindre l'atmosphère.

Mais ni l'augmentation des rendements ni le stockage ne semble réalisable à court terme !

En attendant, en France, on projette de créer des centrales thermiques au charbon, la façon la plus polluante de produire de l'électricité.

vendredi, août 25 2006

An inconvenient truth - Al Gore

Al Gore (l'ex futur président des USA) milite depuis de nombreuses années pour la défense de notre écosystème. Son ouvrage Earth in Balance: Ecology and Human Spirit (« Sauver la planète Terre: l'Ecologie et l'Esprit Humain »), publié en 1992, est un vibrant plaidoyer en faveur d'une prise de conscience au niveau gouvernemental des problèmes écologiques mondiaux. Il connaît un grand succès aux États-Unis et devient même un best-seller en Allemagne et au Royaume-Uni avec respectivement 2,5 et 1,5 millions d'exemplaires vendus.

14 ans après, toujours préoccuppé par les questions écologiques, il joue dans un film réalisé par David Guggenheim, An Inconvenient Truth (Une vérité qui dérange). Et là encore c'est un grand succès aux USA.

Je n'ai malheureusement pas vu ce film. Je suis bien évidemment content de son succès même si son précédent best-seller n'a conduit aucun virage dans les mentalités :s

J'aimerais cependant vous faire part de la citation de Upon Sinclair (romancier américain décédé en 1968) qui est faite dans ce film :

Cette citation est pour moi une révélation. Il fallait le talent d'un grand romancier pour résumer en si peu de mots ce que l'on ressent tous sans pouvoir l'exprimer aussi clairement :

Il est difficile de faire comprendre quelque chose à un homme quand son salaire dépend du fait qu'il ne doit pas le comprendre.

Allez faire comprendre au concessionnaire que vendre des 4x4 climatisés dans Paris est une aberration. Allez faire comprendre à l'automobiliste lambda que l'augmentation du prix du pétrole et des taxes sur ce dernier est une chance pour son avenir et celui de ses enfants. Allez faire comprendre au chauffagiste que sa si confortable clim' réversible est une malédiction pour notre environnement. Allez faire comprendre à l'agriculteur qu'il faut moins arroser son champ de pesticides s'il veut qu'il y ait encore des humains à nourrir demain. Allez nous faire comprendre que nous sommes tous dans la corde que l'on met autour de notre cou.

vendredi, août 11 2006

Trop de produits raffinés

Les fruits et légumes 'bio' protègent mieux du cancer que ceux de l'agriculture conventionnelle et les anciennes variétés de fruits encore mieux, selon deux chercheurs anglais.
D'après un article de Marie-Paule Nougaret pour Novethic - 19-07-2006

À tout moment, notre corps mène un combat d'auto-guérison. Pour faire face aux diverses attaques, notre système immunitaire met en effet en place diverses stratégies. Pour lutter contre les cellules cancéreuses naissantes, la tactique est la même que pour tous les toxiques : le marquage. Tout cellule cancéreuse exprime un gène qui profuit une enzyme dite enzyme "CYP".

La cellule maintenant marquée, le système immunitaire doit pouvoir la repérer et s'en débarrasser.

Ce que deux chercheurs anglais ont découvert, c'est que des molécules issues des plantes deviennent toxiques en présence d'une enzyme de marquage propre au cancer (la CYP 1B1). Ils ont appelé ces molécules des salvestrols.

Si le salvestrol rencontre une cellule cancéreuse, il devient toxique et tue donc cette cellule. D'où le nom judicieusement choisi de salvestrol ;) (de salvius, en latin, ce qui sauve).

Les salvestrols sont des composés présents dans les végétaux qui leur permettent de faire face aux attaques de micro-organismes pathogènes. Ainsi la vigne attaquée par le mildiou produira de grandes quantités d'un type de salvestrol pour détruire le champignon.

Ce procédé de défense issu du sytème immunitaire des plantes est utilisable pour aider notre propre système immunitaire.

Reprenons l'exemple de la vigne. Si la vigne est peu attaquée par le mildiou, elle produira peu de salvestrol et par conséquent les raisins en contiendront peu, si bien qu'en consommant ces fruits, nous ne récupérerons que peu de salvestrols et nous ne bénéficierons donc pas de leurs propriétés anti-cancéreuses.

Or dans notre agriculture intensive, la vigne est traitée à l'aide de pesticides afin qu'elle ne croise jamais le mildiou. Ainsi, toutes nos productions issues de l'agriculture intensive, contiennent peu de salvestrols, parce que les plantes n'ont pas eu à se défendre.

Les produits bio, n'ayant pas bénéficié d'un arsenal chimique de protection, en contiennent jusqu'à 30% de plus !

De plus les salvestrols présentent un goût amer, si bien qu'on les retrouve en quantité moindre dans les fruits modernes (sélectionné pour leurs goûts sucrés) que dans les variétés anciennes.

Les variétés anciennes de fruits, cultivées en agriculture biologique, semble donc avoir le pouvoir de nous protéger du cancer, et ce de façon plus importante que des fruits de race moderne cultivés en agriculture classique.

Notre goût prononcé pour des produits de plus en plus raffinés nous fait perdre bon nombre de leurs qualités sanitaires.

vendredi, juillet 28 2006

Sécheresse et cultures ... La faute au maïs ?

En lisant l'article de TF1 : Une sécheresse "extrêmement inquiétante", j'ai aperçu un commentaire qui a attisé ma curiosité :

le 27/07/2006 à 22h44
Il serait intéressant de superposer la carte de la sécheresse avec celle de la culture du maïs.
Stéphane, Etampes

Voici donc la carte sur les restriction d'eau présentée par TF1 :

Et voici une carte présentant la part des céréales et oléagineux dans le total des exploitations en 2000 (%) :

NB : Si on peut suspecter une certaine corrélation, estivale, entre ces deux cartes, il ne faut pas ignorer qu'au final la répartition des consommations est assez déséquilibrée (source : Ministère de l’Écologie) :

* 56% : refroidissement des centrales électriques,

  • 18% : eau potable,
  • 14% : irrigation,
  • 11% : industries.

mercredi, juillet 26 2006

Ej'Envie zine - témoignage

Ej'Envie zine est un magazine citoyen sur l'emploi, l'environnement et l'empowerment local

Le dernier numéro du magazine Ejenvie vient de sortir. Il traite de la problématique énergétique : L’énergie : innovations, emplois, nouveaux services

Vous trouverez mon témoignage en page 8 et 9.

Le téléchargement en version PDF est gratuit

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